Le voyageur et l’attention au « peu »

Paru dans Simpli-cité, la revue du Réseau québécois pour la simplicité volontaire, printemps 2009. Thème : les voyages.

Quand on voyage, on est éblouis par les choses spectaculaires que l’on voit. Tant de choses nouvelles et impressionnantes s’offrent à nos yeux, à nos oreilles, à tous nos sens.

Le Suisse Nicolas Bouvier (1929-1998), grand voyageur, a écrit, entre autres, un ouvrage remarquable, « L’usage du monde », dont Foglia avait encouragé la lecture. Bouvier nous apprend à voyager en nous émerveillant des choses non spectaculaires, en nous intéressant aux paysages simples, aux événements ordinaires, aux individus pétris de notre commune nature humaine, à la fois pitoyable et remarquable. Il nous enseigne à observer qu’il y a beaucoup de choses derrière le « peu » et, en ce sens, il nourrit puissamment la réflexion sur la simplicité volontaire.

Dans son « Journal d’Aran » (une île située à l’ouest de l’Irlande), publié en 1985, il a écrit ce paragraphe qui m’a tellement touché que je l’ai recopié et épinglé sur le mur devant mon ordinateur : « Dans ces paysages faits de peu, je me sens chez moi, et marcher seul, au chaud sous la laine sur une route d’hiver, est un exercice salubre et litanique qui donne à ce peu ─ en nous ou au dehors ─ sa chance d’être perçu, pesé juste, exactement timbré dans une partition plus vaste, toujours présente mais dont notre surdité au monde nous prive trop souvent ».

Que pourrait-on ajouter à cela?

mars 23, 2009 · Classé sous Simplicité volontaire