Santé: encore une réforme !

Paru dans La Force des s@ges (AQDR) et sur divers sites internet.

Le ministre Yves Bolduc a présenté à l’Assemblée nationale le projet de loi 127, qui a pour titre « Loi visant à améliorer la gestion du réseau de la santé et des services sociaux » et qui réforme une nouvelle fois les modalités de gestion du réseau. Ce projet de loi est passé un peu inaperçu lors de son dépôt initial et il a été réinscrit le 24 janvier de façon tout aussi discrète.

Essentiellement, ce projet de loi centralise encore davantage toutes les décisions importantes directement au ministère, à Québec. Il impose des redditions de comptes plus nombreuses et plus détaillées de la part des établissements. Les agences régionales deviennent de simples courroies de transmission entre le ministère et les établissements. Le d.g. de chaque établissement doit faire approuver son budget par l’Agence avant même de le soumettre aux membres de son propre conseil d’administration. Les c.a. locaux auront-ils encore quelque utilité ?

La composition des c.a. des établissements est de nouveau chambardée. D’une part, le ministre nommera directement deux membres de chaque c.a. Il appelle ces membres des « personnes indépendantes », parce que ces personnes n’ont pas de liens internes dans l’établissement. Mais sont-elles vraiment « indépendantes », étant nommées par le ministre ?

D’autre part, le projet de loi diminue l’implication citoyenne dans les c.a. Il y aura dorénavant deux, et non pas quatre, personnes élues par la population. Le nombre de représentants du comité des usagers passe de deux à un seul. Le Forum de la population, une instance consultative régionale, est aboli.

En résumé, le projet de loi 127 renforce le pouvoir du ministère sur le fonctionnement de chacun des établissements et diminue l’implication citoyenne. Décidément, chaque nouvelle réforme adoptée par ce gouvernement dans le domaine de la santé et des services sociaux ne contribue-t-elle pas à détériorer la situation ?

février 21, 2011 · Classé sous Santé et services sociaux

Y a-t-il une corrélation entre les revenus et le bonheur ?

Paru dans le journal communautaire Point Sud, la Force des s@ges (AQDR) et dans la revue Simpli-cité (RQSV).

Retenez bien la réponse à la question suivante, au cas où elle vous serait posée lors d’un quiz scientifique télévisé. Q. L’argent fait-il le bonheur? R. Une augmentation de revenus fait le bonheur des pauvres mais, au-delà d’un certain seuil (peu importe ce seuil), la croissance du revenu n’augmente pas le sentiment de bonheur.

Le principal rôle de la richesse dans le bonheur est d’apporter la sécurité.

Renaud Gaucher, qui a une triple formation d’historien, de psychologue et d’économiste, a étudié la question des liens revenus-bonheur dans son livre «Bonheur et économie : le capitalisme est-il soluble dans la recherche du bonheur ? » (L’Harmattan, 2009, 117 pp.). Voici ses grandes conclusions.

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Les quatre P

Paru dans le Devoir du 21 février 2011 (lettres) et sur divers sites internet.

Les ressources intermédiaires (RI) sont des entreprises privées qui accueillent des personnes en perte d’autonomie nécessitant entre deux heures trente et trois heures de soins par jour. Elle leur fournissent l’hébergement, les repas et les soins d’hygiène. Les clients leur sont référés par les CSSS qui leur versent une moyenne de 35 000 $ par personne par an.

Les CSSS de leur côté y prodiguent sur place les services de santé (infirmières, etc.).

Les média ont fait état récemment des carences constatées dans plusieurs RI (Villa Ste-Anne à Lachine, Pavillon Marquette, etc.): unilinguisme anglais du personnel, carences dans l’hygiène, piètre qualité de la nourriture, etc. Les inspecteurs gouvernementaux ne suffisent pas à la tâche.

Une étude récente de deux chercheuses de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) le confirme : la probabilité que les établissements privés offrent des services de moindre qualité est plus élevée que ce qu’on observe dans les établissements publics offrant des services aux aînés.

Les RI sont peut-être ce qu’on pourrait appeler des PPPP : les profits au privé, les problèmes au public.

février 21, 2011 · Classé sous Santé et services sociaux