Deux des mesures déficientes du budget Bachand

Paru sur le site du journal communautaire Point Sud

Le budget présenté par le ministre des Finances du Québec comporte de nombreuses mesures inappropriées. En voici deux.

Le Régime volontaire d’épargne retraite (RVER)

Le Régime volontaire d’épargne retraite (RVER), que le gouvernement veut implanter, ne répond pas aux problèmes de fond. L’employeur ne serait pas tenu d’y contribuer. Il ne constitue pas vraiment un progrès sur les REER, qui sont eux aussi laissés à la discrétion du salarié, quand il a les moyens d’y souscrire.

Selon la Fédération des femmes du Québec (FFQ), pour la vaste majorité des femmes, cette mesure est inappropriée. Les avantages des RVER sont calqués sur les intérêts et les moyens d’un salarié à revenu élevé, alors que les femmes gagnent en moyenne 28 227 $ par année (38 638 $ pour les hommes). Seulement 9 % des personnes – dont une majorité de femmes – gagnant moins de 30 000 $ par année arrivent à contribuer à un REER. Le RVER n’aidera pas du tout ces personnes. Le RVER ne tient pas compte du parcours des femmes sur le marché du travail. Celles qui travaillent à temps plein, à l’année, ne gagnent en moyenne que 78,4 % du salaire des hommes : elles ont donc moins d’argent pour cotiser à un RVER.

La FFQ propose plutôt les solutions suivantes : faire doubler la rente de la Régie des rentes du Québec et passer de 25 % à 50 % du revenu gagné (l’employeur doit contribuer lui aussi au RRQ). Relever le plafond de cotisation pour qu’il soit le même que pour la CSST ou la SAAQ. Relever l’exemption de cotisation de 3500 $ à 7000 $ pour alléger l’impact de la hausse des contributions pour les bas salariés.

Le crédit d’impôt pour le maintien à domicile des aînés

L’une des mesures importantes du budget Bachand 2012 concernant les aînés est sans doute l’amélioration du crédit d’impôt pour le maintien à domicile. Le crédit remboursable maximal passera de 4680 $ à 6825 $ par an. Au cours des cinq prochaines années, ce crédit sera augmenté de 1 % par an, passant de 30 à 35 % du coût des services payés par l’usager.

Ces bonifications sont intéressantes mais c’est le concept de crédit d’impôt dans ce champ particulier qui l’est moins. En effet, c’est un crédit qui ne bénéficie pas aux personnes démunies car ces dernières n’ont pas les moyens de payer 70 % (ni même 65 %) du coût des services, le crédit étant de 30 %. Des études démontré que ce crédit bénéficie essentiellement aux personnes plus nanties.

En 2011, le gouvernement a consacré 259 millions au crédit d’impôt pour le maintien à domicile. Il aurait pu choisir d’injecter directement cette somme dans les services publics plutôt que de la verser en crédits d’impôt. Une des mesures de la qualité d’un budget ne doit-elle pas être : ce budget contribue-t-il  à réduire l’écart entre les nantis et les démunis ? M. Bachand, retournez faire vos devoirs !

 

mars 26, 2012 · Classé sous Questions sociales, Santé et services sociaux

Un choix douteux


Paru dans le Devoir (lettres) du 22 mars 2012

L’une des mesures importantes du budget Bachand 2012 concernant les aînés est sans doute l’amélioration du crédit d’impôt pour le maintien à domicile. Le crédit remboursable maximal passera de 4680 $ à 6825 $ par an. Au cours des cinq prochaines années, ce crédit sera augmenté de 1 % par an, passant de 30 à 35 % du coût des services payés par l’usager.

Ces bonifications sont intéressantes mais c’est le concept de crédit d’impôt dans ce champ particulier qui l’est moins. En effet, c’est un crédit qui ne bénéficie pas aux personnes démunies car ces dernières n’ont pas les moyens de payer 70 % (ni même 65 %) du coût des services, le crédit étant de 30 %. Des études démontré que ce crédit bénéficie essentiellement aux personnes plus nanties.

En 2011, le gouvernement a consacré 259 millions au crédit d’impôt pour le maintien à domicile. Il aurait pu choisir d’injecter directement cette somme dans les services publics plutôt que de la verser en crédits d’impôt. Une des mesures de la qualité d’un budget ne doit-elle pas être : ce budget contribue-t-il  à réduire l’écart entre les nantis et les démunis ?

Éléments d’analyse du budget Bachand 2012

Paru dans la Force des s@ges (AQDR) d’avril 2012

L’une des mesures importantes du budget Bachand 2012 concernant les aînés est sans doute l’amélioration du crédit d’impôt pour le maintien à domicile. Le crédit remboursable maximal passera de 4680 $ à 6825 $ par an. Au cours des cinq prochaines années, ce crédit sera augmenté de 1% par an, passant de 30 à 35 % du coût des services payés par l’usager.

Ces bonifications sont intéressantes mais c’est le concept de crédit d’impôt dans ce champ particulier qui l’est moins. En effet, c’est un crédit qui ne bénéficie pas aux personnes démunies car ces dernières n’ont pas les moyens de payer 70 % (ni même 65 %) du coût des services, le crédit étant de 30 %. Des études ont démontré que ce crédit bénéficie essentiellement aux personnes plus nanties (ce constat était fait également en France il y a plusieurs années).

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Les EESAD: améliorer leur financement, baliser leur mission

Paru sur divers sites internet

Les 101 EESAD sont nées, pour la grande majorité, au lendemain du Sommet socioéconomique de 1996. L’objectif était de créer des emplois, tout en contribuant au soutien à domicile, surtout des aînés. Essentiellement, elles fournissent des services d’entretien ménager : travaux légers et lourds, entretien des vêtements, préparation de repas, approvisionnement, etc. En 2012, elles donnent du travail à 6500 personnes et desservent 81 000 usagers, majoritairement (à 67%) des aînés.

Elles sont financées à la fois par les usagers, qui contribuent aux services en fonction de leurs revenus, et par le gouvernement, dans le cadre du PEFSAD, le programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique. Sur le site de la RAMQ, on décrit les modalités du programme. Le gouvernement a versé 58 millions $ aux EÉSAD en 2009-2010.

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Les États généraux, une belle initiative

Paru sur divers sites internet.

Pour les Aînés pour la souveraineté

Le Conseil de la souveraineté a pris une belle initiative en organisant les États généraux sur la souveraineté du Québec. Ce sera un bel exercice citoyen, non partisan. Il est temps de voir que la question nationale ne peut demeurer indéfiniment un « conflit gelé ». Car les conflits gelés entraînent, à terme, un refroidissement et même une anesthésie de la démocratie. Quand j’entends quelqu’un dire : « Je ne suis ni souverainiste, ni fédéraliste », je ne peux m’empêcher de penser à la phrase absurde : « Je ne suis ni pour, ni contre, bien au contraire ».

Le Québec a souvent perdu des batailles, il sera probablement encore parfois vaincu mais il ne sera jamais écrasé. Il survivra toujours sous sa carapace de patience. Nous sommes un peuple menacé, comme tant d’autres. Notre existence ne sera jamais certaine. Cela exige un peu plus d’énergie, lorsqu’on se lève le matin. Certains disent : avec la mondialisation, nous sommes des citoyens du monde. Ils oublient que si les questions sont universelles, les réponses sont le plus souvent culturelles.

Pendant combien de temps encore les Québécois marcheront-ils « au pas de l’oie du marché », selon la belle expression d’Alain Souchon ?

Nietzsche ou l’acceptation du tragique

Qu’est-ce que j’ai retenu de mon cours de philo sur Nietzsche (Éducation 3e âge, au collège Maisonneuve) ? Nietzsche (1844-1900) est un philosophe complexe, difficile à saisir et j’ai senti le besoin de faire ce résumé pour m’aider à le comprendre… un peu.

Son oeuvre va casser l’humanité en deux: avant lui. c’était le monde de la culpabilité et de la faute et après lui, c’est le monde du tragique. Sa pensée radicale comporte des aspects qui peuvent littéralement choquer (par exemple, voir plus loin, il préconise l’élimination des faibles).

“Ainsi parlait Zarathoustra”est un récit allégorique, avec des personnages inventés, et non un essai, parce qu’il est parfois plus efficace d’expliquer des choses compliquées par un récit. C’est pourquoi la Bible est un récit, mettant en scène également des personnages fictifs (Adam et Ève, etc.). Nietzsche se moque de la Bible en utilisant… un style biblique.

Lou Andreas-Salomé, Paul Rée et Nietzsche

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Poème en prose – Beaucoup de oui

Poème en prose (texte retrouvé en faisant du ménage)

Un début de nouvelle chronique de la St-Valentin ?

Pourquoi l’ai-je choisie, elle? Pas parce qu’elle était la plus belle. Parce qu’elle m’a dit oui. D’autres avant elle aussi m’avaient dit oui. Mais je m’en suis lassé, ou parfois je n’ai pas été assez attentif, j’ai été négligent devant l’amour qu’elles m’offraient. Aujourd’hui, je me sens piteux d’avoir agi ainsi.

Ce qui donne du sens au oui qu’elle me dit, c’est que plusieurs autres avant elle m’avaient dit non. Parfois avec tact. Parfois un peu brutalement. Je me suis, inévitablement, senti rejeté. On ne peut rester indéfiniment sur des non. Il faut beaucoup de oui dans la vie. Et des oui éclatants.

J’aime entendre ses oui. Ses ribambelles de oui, au milieu de son rire. Elle est encore toute étonnée que je l’ai choisie, elle. Jamais je ne lui dirai que j’ai eu si peur qu’elle dise non. D’ailleurs, elle me croirait fou de penser qu’elle aurait pu dire non. Mon oui avait pansé tant de blessures chez elle. Mon oui avait lavé tant de non minables qu’elle avait entendus.