Les valeurs de l’action communautaire : comment les vivre ? comment les enraciner ?

13e Colloque biennal du Regroupement québécois des intervenantes et intervenants en action communautaire en CSSS (RQIIAC)  

Jeudi le 31 mai 2012, à l’Université Concordia, Montréal

Présentation de Jacques Fournier, organisateur communautaire retraité et militant à l’Association québécoise pour la défense des droits des retraités (AQDR)

Bonjour à toutes et à tous,

Pour débuter, petit tour de table : vos attentes concernant cet atelier.

Qu’est-ce qui nous motive à devenir intervenant communautaire? Quelles sont les valeurs sous-tendues? Quel est le contexte qui, aujourd’hui, met ces valeurs en péril ? Comment faire en sorte que l’on puisse développer une résilience face aux obstacles qui menacent ces valeurs? Comment tenir à jour une panoplie de motivations? Comment s’impliquer de façon différente et toujours renouvelée ? Comment militer dans le plaisir et dans la constance ?

C’est pour moi un grand plaisir de venir vous entretenir de la question des valeurs. Mon propos sera souvent de nature philosophique, une matière que je redécouvre avec plaisir comme retraité (et étudiant au Service 3e âge du Collège Maisonneuve). Il sera aussi parfois de nature plus sociologique.

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Services unilingues anglophones ?

Lettre parue dans Le Devoir du 15 mai 2012, dans La Force des sages (AQDR) et sur divers sites internet

Une personne âgée de Lasalle a été contrainte récemment de quitter la ressource intermédiaire où elle était hébergée parce qu’elle n’arrivait pas à recevoir des services en français. Les ressources intermédiaires, comme le Pavillon Lasalle, sont des entreprises privées sous-contractantes du secteur public.

On connaissait déjà certains effets négatifs concrets de la privatisation des services publics. Ainsi, une recherche menée par Margaret McGregor et Lisa Ronald de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP, 2011) a démontré qu’il y a davantage de chances d’avoir des services de moins bonne qualité dans les établissements privés de soins aux aînés, que dans les établissements publics. Mais on ne se doutait peut-être pas que la privatisation nierait, en plus, le droit des citoyens québécois à avoir des services en français dans le réseau de la santé et des services sociaux. En effet, les contraintes concernant les services en français sont moindres dans le secteur privé que dans un établissement public.

Il est inacceptable que des aînés en perte d’autonomie ne reçoivent pas des services dans leur langue, le français, au Québec en 2012, en particulier dans une ressource liée contractuellement à un établissement public.

La nouvelle politique « Vieillir et vivre ensemble » : de la poudre aux yeux ?

Lettre parue dans Le Devoir du 5 mai 2012.  Parue également dans La Force des sages (AQDR), dans le journal communautaire Point Sud et sur divers sites internet. 

Le gouvernement du Québec a rendu publique le 3 mai sa nouvelle politique « Vieillir et vivre ensemble ». La lecture attentive des 200 pages du document laisse l’impression d’un catalogue de projets en cours, agrémenté d’un festival de lieux communs et de vœux pieux. En résumé, continuons notre bon travail.

Ce n’est pas dans ce document que les aînés trouveront les réponses aux questions concrètes qui les taraudent : le gouvernement mettra-il fin à la fermeture de lits en CHSLD et en créera-t-il plutôt de nouveaux ? Le gouvernement mettra-t-il un terme à sa politique de privatisation des services (comme la création de ressources intermédiaires, des établissements qui sont gérés par le secteur privé) où la frugalité des salaires entraîne des conditions défavorables à la qualité des services ? Le gouvernement investira-t-il réellement des sommes nouvelles dans les services à domicile publics ou s’il se contentera, comme maintenant, de faire des annonces répétitives sans mise en œuvre réelle sur le terrain ?

Le document est plombé au départ par le manque de crédibilité du gouvernement. On y constate un saupoudrage de mesures diversifiées pour satisfaire des clientèles spécifiques qui ne seront finalement pas dupes. Et la ministre Marguerite Blais de continuer à sourire, caution gentille d’un gouvernement complètement dépassé par la conjoncture.

Texte complet de la Politique :

http://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/politique-vieillir-et-vivre-ensemble.pdf

Des éléments complémentaires d’analyse sont exposés dans un texte subséquent qu’on pourra lire ici:

http://www.chronijacques.qc.ca/2012/05/quelques-elements-complementaires/

mai 4, 2012 · Classé sous Santé et services sociaux

Quelques éléments complémentaires d’analyse de la politique « Vieillir et vivre ensemble »

Suite du texte

http://www.chronijacques.qc.ca/2012/05/la-nouvelle-politique-vieillir/

1. Le développement des communautés

Un bon point : en p. 47, le document privilégie l’approche dite du « développement des communautés », recommandée par de nombreux chercheurs. De quoi s’agit-il ?

« Le développement des communautés est une forme d’action collaborative où la participation de tous, organismes, services publics, aînés, s’inscrit à l’intérieur d’enjeux collectifs pour l’amélioration de la qualité de vie. Ce volet valorise le dynamisme des communautés pour trouver des solutions collectives, innovantes, adaptées aux priorités du milieu et aux besoins des personnes aînées.

« Afin de concrétiser le développement des communautés, les initiatives conçues par et pour le milieu seront soutenues, de façon à ce que les communautés puissent mettre en oeuvre des actions qui répondent adéquatement à leur réalité démographique. Il s’agit de faire du sur-mesure, pour respecter la diversité des régions qui font la richesse du Québec. »

On est, heureusement,  à cent lieues du « mur à mur » légué par la réforme Couillard. Poursuivre la lecture