Le maintien des aînés sur le marché du travail : quel est le but ?

Paru dans la Force des sages (AQDR) et dans le carnet des simplicitaires (RQSV).           

Question posée par Jacques Fournier, de l’AQDR, à deux des participants lors d’un panel concernant le maintien des aînés sur le marché du travail, au colloque organisé par l’Association québécoise de gérontologie (AQG), Drummondville, le 21 mars 2013. Texte à paraître dans le revue Vie et vieillissement (AGQ) et dans les publications de l’AQDR.

Je remercie les cinq panelistes de leurs exposés fort enrichissants et instructifs. Plusieurs des interventions entendues ce matin s’inscrivent dans le courant qui, à l’instar de M. Claude Castonguay, encourage le maintien ou le retour des aînés sur le marché du travail. Je voudrais apporter trois bémols à cette vision, dans une optique de recherche commune du bonheur (rien de moins !). Ma question (un peu longue, je m’en excuse) s’adresse en particulier à Mme Martine Lagacé et à M. Mustapha Bettache, dont les propos donnent ouverture à ma question.

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Les usagers écopent

Le Devoir – 21 mars 2013

Dans un texte de la rubrique Libre opinion publié le 19 mars, MM. Rayside et Bourdeau prennent la défense de l’opération « optimisation » des ressources humaines (méthode Toyota, inspirée du lean manufacturing) dans le réseau de la santé et des services sociaux. Ils allèguent qu’ils veulent « s’assurer que la population reçoive les soins auxquels elle est en droit de s’attendre indépendamment du niveau de ressources financières actuelles ». C’est là que le bât blesse. On ne peut faire abstraction du niveau des ressources si on veut réalistement chercher à atteindre les objectifs. Ce n’est pas sans raison que le personnel a le sentiment d’être « pressé comme un citron ». Partout dans le monde, les effets pervers de l’« optimisation » des ressources humaines sont documentés concernant la santé au travail : problèmes musculo-squelettiques, stress, burn-out, dépression, etc.

Contrairement à ce que laisse entendre le texte, ce ne sont pas seulement les syndicats qui s’insurgent contre la mise en place de la méthode Toyota. Des associations d’usagers ont aussi exprimé leurs inquiétudes, faits à l’appui. Je suis actif dans une association de défense des droits des retraités et nous avons reçu des témoignages éloquents de déshumanisation. Une intervention de 30 minutes, en suivi d’un deuil, est-ce acceptable ? Oui, il faut améliorer l’organisation du travail dans le secteur public, mais en respectant les codes de déontologie et l’éthique publique. […] Étrangement, la libre opinion de MM. Rayside et Bourdeau ne mentionne pas la firme Proaction, très impliquée dans les établissements concernant l’« optimisation » et qui fait l’objet d’une enquête ministérielle au sujet d’un contrat d’informatisation.

Jacques Fournier – Montréal, le 19 mars 2013

Faut-il réhabiliter la ruse ?

Paru dans La Force des sages (AQDR), avril 2013.

Durant mon enfance judéo-chrétienne, la ruse n’était pas valorisée. C’était un défaut. Les rusés étaient perçus comme des personnes à double visage, manquant de franchise. Encore aujourd’hui, je vois, par exemple, les spéculateurs, ceux qui ferment des usines et font des mises à pied pour augmenter à court terme les dividendes des entreprises comme des personnes rusées, malhonnêtes, peu fréquentables. De même, ceux qui abusent, de façon déloyale, des personnes âgées pour leur extorquer de l’argent me hérissent.

Mais il y a peut-être une autre façon de voir la ruse. Je lis présentement beaucoup sur mes héros préférés de la Grèce antique, Achille et Ulysse, deux des protagonistes de l’Iliade et de l’Odyssée (Coalitions : quand deux cultures cohabitent).

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Billet – Un plan d’affaires ?

Billet paru dans La Force des sages (AQDR), avril 2013.

Concernant le projet de modernisation de l’hôpital Lachine, on lit dans les médias que le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) devra d’abord présenter un « plan d’affaires ». Est-ce à dire que cet hôpital fait des affaires ? N’est-ce pas plutôt un établissement public tenu d’avoir un « plan de développement » ? C’est incroyable comme le vocabulaire du commerce est en train de s’insinuer dans tous les recoins du discours public, même si ce n’est ni approprié ni pertinent. Et on s’étonne des glissements éthiques dans les services publics.

mars 15, 2013 · Classé sous Santé et services sociaux

Billet – Sur une phrase de Georges Bernanos

Dans Sous le soleil de satan (1926), le grand écrivain français Georges Bernanos (1888-1948) a écrit ceci : « La mort n’a pas grand chose à apprendre aux vieilles gens ». Cette phrase me tourne dans la tête depuis ma lecture récente de ce roman. Que de sagesse!

Les personnes âgées ont vécu, chacune, un certain nombre de malheurs, de difficultés. Elles en ont vu d’autres, comme on dit. Elles savent qu’on peut parfois changer des choses quand on y met de l’énergie et que ce sont des circonstances ou des événements non inéluctables, sur lesquels nous avons parfois un peu de pouvoir. Mais elle savent par contre qu’on ne se bat pas contre la fatalité, l’inévitable, comme la mort. Cette phrase de Bernanos me donne, personnellement, beaucoup de paix.

Georges Bernanos

Georges Bernanos

mars 12, 2013 · Classé sous Philosophie