L’assurance autonomie : une autre réforme qui nous fait reculer ?

A paraître dans le bulletin de liaison de l’AQDR Ahuntsic St-Laurent.

En 2003, le ministre Philippe Couillard a imposé, sous le bâillon, les fusions forcées des établissements. Avec du recul, on constate une augmentation du nombre de cadres, moins de personnel sur le terrain et des salaires d’autant plus élevés pour les patrons que les niveaux hiérarchiques sont plus nombreux. Que résultera-t-il de la réforme de Réjean Hébert ?

Quand le gouvernement met de l’avant un projet visant à améliorer les services aux aînés en perte d’autonomie, au départ, on donne la chance au coureur. C’est ce qui a été fait au moment du dépôt du Livre blanc sur l’assurance autonomie présenté par le ministre Hébert. Poursuivre la lecture

Comment lutter contre les méfaits de la Nouvelle gestion publique ?

Paru dans Le Force des sages (1er avril) (AQDR) et sur Point sud, Interaction communautaire (RQIIAC), L’Aut’journal et Presse-toi-à-gauche.

Près de 150 personnes ont participé à un substantiel colloque sur les effets de la Nouvelle gestion publique (NGP) dans le secteur de la santé et les services sociaux, les 21 et 22 février au Centre St-Pierre à Montréal. L’événement était organisé par le RECIFS, le RIOCM et Ex-Aequo, avec la collaboration du RANQ et animé par la militante féministe Lorraine Guay.

Le colloque s’est ouvert sur une présentation de Philippe Hurteau (vidéo d’une heure), chercheur à l’IRIS, qui a bien démontré, entre autres, que la NGP, contrairement à ce qu’elle promet, entraîne plus de lourdeur et de bureaucratie dans les services publics. Yves Mercier, président d’Ex Aequo, a ensuite décrit les travaux de son organisme pour la promotion des personnes handicapées et la défense de leur droit aux services. Sébastien Rivard, du RIOCM, a expliqué les impacts négatifs de la NGP sur le secteur communautaire autonome et le « dumping » (déchargement) du secteur public vers le communautaire.

 

Photo: Sébastien Rivard, RIOCM

Photo: Sébastien Rivard, RIOCM

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L’assurance autonomie : une autre réforme bancale ?

Paru dans La Force de l’âge (AQDR) (mai 2014) et sur L’Aut’journal, Vigile et Presse-toi-à-gauche.

Quand le gouvernement met de l’avant un projet visant à améliorer les services aux aînés en perte d’autonomie, au départ, on donne la chance au coureur. C’est ce qui a été fait au moment du dépôt du Livre blanc sur l’assurance autonomie présenté par le ministre Réjean Hébert.

Mais force est de constater que le ministre a étiré et gâché sa chance : il a par la suite présenté un projet de loi, le numéro 67, qui ne modifie pas significativement les paramètres du Livre blanc. Tout se passe comme si les nombreuses objections – et suggestions précises – faites au ministre lors de la commission parlementaire n’avaient pas été entendues. Des dizaines de mémoires étoffés n’ont vraisemblablement pas été pris en compte. Poursuivre la lecture

Charte de la laïcité : la position intéressante de la CSN

Paru sur les sites de Point Sud, de l’Aut’journal et de Presse-toi-à-gauche et à dans La Force des sages (AQDR) de mars.

Parmi les nombreux textes, pour et contre, que j’ai lus au sujet de la Charte de la laïcité, celui de la CSN (voir la position détaillée) m’apparait particulièrement intéressant. Dans la bonne tradition des compromis, qui sont le lot quotidien des syndicats, la CSN propose que le port des signes ostentatoires ne soit interdit qu’au  personnel des écoles primaires et secondaires, ainsi qu’au personnel des garderies privées et publiques, au nom de la vulnérabilité des enfants qu’il faut protéger. Cela rejoint le fait que le Québec soit le seul État en Amérique du nord qui interdit la publicité destinée aux enfants. Je crois qu’il y a là une position qui permettrait de rallier de nombreuses personnes, tant parmi celles qui s’opposent aux interdictions tous azimuts que celles qui disent : « Il faut faire quelque chose, envoyer un signal ». Comme le sociologue Guy Rocher, la CSN est par ailleurs favorable à une « clause grand-père » : l’emploi des personnes en poste est protégé et la charte s’applique aux nouvelles embauches.

logo CSN article charte laïcité

J’avoue en toute simplicité que je m’identifie souvent et profondément aux positions de la CSN. J’ai été membre bénévole (pas toujours « libéré » de ses tâches) d’un exécutif local CSN pendant de nombreuses années. J’ai participé à de nombreuses instances (congrès, conseils, etc.) tant au national, qu’à la fédération (FSSS-CSN) et au régional (Conseil central de Montréal). J’ai toujours été impressionné par la qualité des débats démocratiques. Le syndicalisme, quand c’est bien pratiqué, c’est une très bonne école de démocratie. Je me souviens des témoignages de confrères et consoeurs de travail, au retour d’une réunion nationale d’instance syndicale : « Jacques, je ne pourrai plus jamais assister à une AG de notre syndicat sans me rappeler tout le travail de réflexion qui se fait en amont de nos réunions locales, pour bâtir un argumentaire, pour tenir compte de tous les points de vue et de notre expérience collective ».

Je ne dis pas que la position de la CSN dans le dossier de la Charte de la laïcité est parfaite. Je dis qu’elle est une très belle contribution au débat et qu’elle marque un esprit d’ouverture que l’on ne trouve pas partout.