La mode des fusions dans le réseau de la santé : un processus de destruction ?

par Judith Gagnon, présidente

et Jacques Fournier, responsable du dossier santé

Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR)

Paru sur les sites de l’Aut’journal, de Vigile et de Presse-toi-à-gauche. Et dans La Force de s@ges (AQDR).

Le ministre Gaétan Barrette vient de déposer le projet de loi 10 instaurant de nouvelles fusions massives dans le réseau de la santé et des services sociaux. Et si, avant d’adopter ce projet de loi, on faisait une évaluation sérieuse des résultats des fusions forcées imposées par le ministre Couillard en décembre 2003 ?

Une grande partie de la littérature scientifique est très sceptique concernant les bénéfices des fusions (Alain Dupuis et Luc Farinas, ENAP et TELUQ, 2009). Les fusions s’avèrent, à l’usage, une mode managériale destructrice plutôt qu’une avancée sociale costaude. On observe généralement que les avantages obtenus sont aux antipodes des récoltes attendues. Les services publics n’en sortent habituellement pas gagnants, ni en quantité ni en qualité. Sur le terrain, on constate une augmentation du nombre de cadres et une croissance de leurs salaires, puisque les nouveaux organigrammes tentaculaires leur imposent davantage de personnel à superviser. Les chercheurs qui sont allés soigneusement à la prospection des économies réalisées ont plutôt constaté… des augmentations transitoires de coûts qui se sont transformées en majorations permanentes. Par exemple, le personnel des CLSC est fréquemment requis d’aller au domicile de l’usager : maintenant qu’il est centralisé, ses frais de déplacement ont crû considérablement. Poursuivre la lecture