Comment mobiliser nos membres en vue des manifestations ?

Paru dans La Force des s@ges (AQDR) de janvier 2015.

Une amie me demandait : comment pourrions-nous mobiliser nos membres de l’AQDR pour qu’ils manifestent davantage contre les politiques inacceptables du gouvernement Couillard, politiques qui nuisent aux aînés-es ? C’est sûr, au départ, que les retraités ne sont pas les plus nombreux dans les manifestations. Par contre, les militants-es, ceux et celles qui ont manifesté toute leur vie, continuent à le faire après la retraite. Après tout, même bien occupés à la retraite, on a du temps davantage que nos enfants qui élèvent leurs enfants.

Selon mon expérience, il n’y a pas 56 recettes. Ce sont les sections locales – et non le national – qui sont le mieux placées, aiguillonnées, bien sûr, par le national. Ce sont les sections qui doivent contacter leurs membres, leur donner un point de rendez-vous précis et fournir un moyen de transport au besoin. Il faut un leadership local : « on y va en groupe » (une petite bannière rassembleuse avec ça ?).

Photo: André Querry. Manif du 29 novembre 2014.

Photo: André Querry. Manif du 29 novembre 2014.

Pour moi, quand je vais à une manif, c’est aussi, en plus de la Cause, pour voir des amis. Si la section crée un climat de complicité et d’entraide, les membres viendront pour sortir et s’encourager entre eux.

Alors, si votre état de santé le permet, ne vous contentez pas d’une sympathique signature au bas d’une pétition et allez prendre l’air en manifestant entre amis ! Avez-vous d’autres suggestions pour mobiliser nos membres et nos sections locales ? Elles sont bienvenues !

P.S. Le journal La Presse dira que nous n’étions que quelques centaines de manifestants-es mais vous aurez vu de vos propres yeux que nous étions plusieurs dizaines de milliers… et vous le direz à vos amis, en plus de l’écrire dans les médias sociaux.

Voir le site satirique La Pravda (un texte ironique).

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Visite au bureau de Marguerite Blais

Paru dans La Force des sages (AQDR) du 9 janvier 2014.

Une délégation de la Coalition solidarité santé s’est rendue au bureau de la députée de St-Henri-Ste-Anne, Marguerite Blais, le 27 novembre, pour lui demander que le gouvernement retire le projet de loi 10 du ministre Barrette, sur les méga-fusions, qui ferait plus de tort que de bien. La délégation a été reçue par son attachée politique, Isabelle Gautrin. La délégation était composée de Karine Triollet, d’Action-Gardien, de Catherine Raymond, de Solidarité St-Henri, de Pierre Soucy du CPAS-SCFP et de Jacques Fournier, de l’AQDR. Des délégations semblables de la Coalition solidarité santé rencontrent actuellement des députés libéraux à la grandeur du Québec pour faire valoir que la réforme Barrette créerait plus de problèmes qu’elle prétend en régler.

P.S. J’ai demandé à l’attachée de dire ceci à Mme Blais: « Le ministre de l’Agriculture Pierre Paradis conteste le rapport Robillard qui veut couper les plans de stabilisation des revenus agricoles. Mme Blais devrait faire une Pierre Paradis d’elle et contester le projet de loi 10 ».

2e P.S. Mme Blais vient de faire savoir son opposition au redécoupage des territoires des commissions scolaires à Montréal, redécoupage préconisé par le ministre Bolduc. Encore un effort pour être vraiment révolutionnaire, Mme Blais !

Jacques, Karine et Pierre.

Jacques, Karine et Pierre.

Catherine, Karine et Pierre.

Catherine, Karine et Pierre.

La Coalition solidarité santé à la Commission parlementaire

Le 12 novembre 2014, la Coalition solidarité santé, dont l’AQDR est membre, a présenté son mémoire à la Commission parlementaire concernant le projet de loi 10 (méga-fusions). Quatre personnes représentaient la Coalition : Jacques Benoit, coordonnateur, Josée Marcotte, v.p. FSSS-CSN, Denis Falardeau, ACEF de Québec et Jacques Fournier pour l’AQDR. La vidéo dure 45 minutes.

Conclusion : c’est court pour tout ce que nous avions à dire !

Texte du mémoire de 44 pages.

Point de presse tenu par Françoise David, députée de Gouin.

Sur le site de la Coalition, les mémoires sont résumés.

loi 10 dessin Poursuivre la lecture

Fusions forcées : de nouveaux traumatismes en vue ?

Paru dans La Force des s@ges (AQDR) du 1er décembre 2014.

L’évaluation de la pertinence des fusions forcées, dans le réseau de la santé et des services sociaux, à l’été 2004, varie selon les points de vue et les postes occupés. Un cadre disait : « Les fusions ont été une bonne chose : la preuve, personne ne voudrait revenir en arrière ». Évidemment ! De nombreux employés ont été traumatisés par cette bousculade. Leurs tâches ont été cavalièrement modifiées, de façon autoritaire. Des équipes, patiemment constituées par des années de complicité professionnelle, ont été détruites à coups de nouveaux organigrammes. Des cadres se sont livrés à des luttes de pouvoir. On a vu des intervenantes pleurer et même démissionner. Comment peut-on dénier la détresse et refuser de voir la douleur qu’ont vécue de nombreuses intervenantes ? Dans ces conditions, qui voudrait revenir en arrière et connaître de nouvelles meurtrissures ?

Et que nous propose la réforme Barrette ? D’aller de l’avant avec des nouveaux organigrammes, des nouvelles luttes de pouvoir et des nouveaux traumatismes.

dessin pour fusions Judith-Jacques Poursuivre la lecture

L’Âge citoyen, de Jean Carette

Paru dans La Force des s@ges (AQDR) du 1er décembre 2014.

C’est un essai fort intéressant qu’a pondu Jean Carette, sociologue, professeur au Département de Travail Social de l’UQAM et spécialiste en gérontologie. Depuis sa retraite, il a lancé le mouvement Espaces 50+, une initiative destinée à valoriser les talents, les forces et les expériences de vie des aînés par le biais d’activités et de projets en réseaux, d’événements, de voyages, en coopération avec d’autres groupes de citoyens de tous âges. Il est aussi, entre autres, président de la Maison des aînés Hochelaga-Maisonneuve. En fait, Jean Carette n’a jamais pris sa retraite et ne compte pas la prendre : pour lui, le travail, l’activité, le combat social, c’est la nature de l’homme et… la meilleure façon de ne pas vieillir, ou plutôt de bien vieillir.

Jean Carette

Jean Carette (Photo: Monique L’Heureux)

Son essai s’intitule L’Âge citoyen (Boréal, 2014, 238 pp.). Il y propose un changement radical de perspective concernant le vieillissement : celui-ci doit être un chemin de croissance et un défi d’innovation, tant individuel que collectif. Il y traite de démographie, du sens du travail, des politiques publiques, de la transmission des savoirs, de la démocratie, du sens de la vie, de la mort et de l’engagement. On y suit avec intérêt son cheminement professionnel, en France et au Québec. Dans sa préface, le cinéaste Fernand Dansereau écrit : « Aux personnes vieillissantes, Carette propose, comme antidote aux pertes et aux tentations dépressives, qu’elles s’oublient un peu et travaillent à rester engagées par rapport aux besoins des autres. Du moins, tant qu’elles en auront la force et même au-delà » (p. 11).

Je vous en recommande chaudement la lecture. C’est tout le contraire du discours catastrophiste qu’on lit dans les journaux qui ponctuent leurs textes de la sempiternelle phrase « A cause du vieillissement de la population, on ne peut pas… ». Ce livre donne envie de vieillir, dans la sérénité, dans l’activité, dans l’engagement et même avec passion.

Claude Castonguay n’est pas le père de l’assurance-maladie

Paru sur les sites Vigile, l’Aut’journal et Presse-toi-à-gauche. Paru dans La Force des s@ges (AQDR) du 1er décembre 2014.

Fort intéressante cette journée sur l’assurance médicaments organisée par l’Union des consommateurs le 6 novembre à l’UQAM.

La rencontre a débuté par un témoignage de Me Andrée Lajoie, professeur émérite à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. Me Lajoie était conseillère à la Commission Castonguay-Nepveu à la fin des années 60. C’est cette Commission qui a recommandé la création du régime d’assurance maladie au Québec.

Pour Mme Lajoie, Claude Castonguay n’est pas le père du régime gratuit tel qu’on le connait. M. Castonguay, au départ, voulait qu’il y ait des frais modérateurs pour consulter les médecins et pour aller à l’hôpital. Le Dr Jean Rochon (présent à la journée) et Me Lajoie font partie des personnes qui ont convaincu la majorité des membres de la Commission que le système devait être gratuit. M. Castonguay était minoritaire. Comme il ne souhaitait pas, en tant que président, devoir signer un rapport minoritaire, il s’est rangé du côté de la majorité. Mais il a refusé qu’un régime d’assurance médicaments soit intégré au projet et, par compromis, les autres membres de la commission se sont ralliés à son idée. On pourrait dire que M. Castonguay, « père » de l’assurance maladie gratuite, s’est fait faire un enfant dans le dos.

Aujourd’hui, Me Lajoie regrette qu’un régime d’assurance médicaments n’ait pas fait partie de la mouture initiale.

L’Union des consommateurs se bat, avec ténacité, depuis plusieurs années, pour que le régime d’assurance médicaments soit public et unifié, et non pas mi-public mi-privé, comme actuellement.  Cela en diminuerait les coûts et mettrait fin à de nombreuses aberrations causées par un système mixte. Les textes des présentations seront disponibles, un peu plus tard, sur le site web de l’Union des consommateurs.

 

 

Pourquoi agissons-nous comme si nous n’allions jamais mourir ?

Capsule philosophique

Paru dans La Force des s@ges (AQDR) du premier décembre 2014. Et dans le Carnet des simplicitaires (Réseau québécois pour la simplicité volontaire).

Relu récemment La Mort d’Ivan Ilitch de Tolstoï. C’est une longue nouvelle, de 137 pages, parue en 1886. Ivan Ilitch, le héros, est un conseiller à la Cour d’appel en Russie. Bel emploi, belle vie, femme, enfants, prestige, vie apparemment réussie.

Or voilà qu’il tombe gravement malade à 45 ans. Il ne comprend pas que cela lui arrive à lui. Il résiste, s’objecte. Et voilà qu’il sent qu’il va mourir. Plus on avance dans la lecture, plus on trouve le héros stupide, borné : ne sait-il pas que tout le monde doit mourir un jour ? Et soudain, on réalise qu’Yvan Ilitch, c’est chacun de nous. Ivan Ilitch, c’est moi, je suis moi aussi stupide, inconscient et borné, je vis comme si je ne savais pas que j’allais mourir. L’art du romancier est de nous faire comprendre, peu à peu, par couches successives de réflexions, que nous vivons de façon peu réfléchie.

Le héros passe par une phase de révolte, puis de désespoir puis enfin connaît une sorte de transfiguration.

Après lecture, on a envie de se dire : comment devrais-je vivre à l’avenir, pour le peu qu’il me reste ? Comment pourrais-je être plus attentif à mon entourage (conjointe, enfants, petits-enfants, amis, connaissances, voisins, la planète entière, etc.) ? Comment pourrais-je être une meilleure personne ? Comment pourrais-je vivre de façon plus consciente ? (ce qui ne veut pas dire de façon non joyeuse, bien au contraire).

Trois extraits :

— « Le fait même de la mort d’un ami éveilla comme toujours en tous ceux qui apprirent cette nouvelle, un sentiment de joie, ce n’est pas moi, c’est lui qui est mort. »

— « Imbéciles ! Je pars le premier, et ensuite ce sera leur tour. Ils y passeront tous. Mais ils se réjouissent maintenant, stupides animaux ! La rage l’étouffait. »

— « Et si vraiment ma vie, ma vie consciente ne fut pas ce qu’elle aurait dû être ? »

Bonne lecture !

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