Contre l’austérité, des actions joyeuses et chaotiques

Billet paru dans La Force des sages (AQDR) et dans Interaction communautaire (RQIIAC).

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics (COTPSP) annonce une semaine d’actions « dérangeantes », du 22 au 27 février, pour protester contre les politiques d’austérité du gouvernement Couillard. Ces manifestations, et les autres qui suivront, seront-elles utiles ? efficaces ?

Les événements du Printemps érable ont certes contribué à l’élection d’un gouvernement du Parti québécois et à l’annulation ultérieure de la hausse des frais de scolarité. Ce n’est pas rien.

Les actions mises de l’avant en vue d’un Printemps 2015 visent au moins deux effets. D’une part, elles agiront comme des soupapes : elles permettront à de nombreuses personnes insatisfaites du gouvernement Couillard (62% de la population, selon les récents sondages) d’exprimer leur colère légitime publiquement, au lieu de ronchonner stérilement devant leur téléviseur. Ces personnes iront retrouver des amis et des compagnons et compagnes de lutte dans une atmosphère conviviale de solidarité.

D’autre part, les manifestations forceront les médias dominants à faire écho, au moins à l’occasion, à l’insatisfaction de la population : elles maintiendront ainsi dans l’actualité le fait que « tout ne va pas bien, madame la marquise » et que des changements concrets sont attendus en vue d’une meilleure recherche du bien public. Elles contribueront à combattre le cynisme facile et l’impuissance entretenue de ceux qui croient que des changements ne sont pas possibles. Elles mettront la table et maintiendront la pression pour encourager une série d’autres moyens de lutte. Leur aspect parfois chaotique sera probablement à l’image de ce chaos que le gouvernement Couillard a commencé à créer dans les programmes sociaux. Ce n’est pas rien.

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L’éléphant

Billet paru dans La Force des s@ges (AQDR) de mars 2015.

« Projet de loi 10: c’est comme un gros bulldozer ! » Tel est le titre d’un article paru le 22 janvier dernier dans l’Hebdo du St-Maurice (Shawinigan). On y rapporte une démarche régionale de la Coalition solidarité santé condamnant ce projet de loi – donc toujours à l’étude — qui veut, une nouvelle fois. procéder à des fusions massives d’établissements dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Les fusions de 2003 ont entraîné, très concrètement, une croissance du nombre de cadres. Comment de nouveaux amalgames permettraient-ils, en 2015, de diminuer le nombre de cadres de 1300 postes ? Dans ce réseau, l’équilibre est fragile. Le personnel est exaspéré, épuisé, se sent déjà bousculé. Qu’est-ce qu’une nouvelle réforme de structures créant des pachydermes apporterait ? Une guerre de pouvoirs ravivée entre les cadres ? Davantage de réunions pour élaborer de nouveaux organigrammes ? L’agenda caché est-il d’inscrire des facilités législatives supplémentaires pour favoriser davantage le recours à la sous-traitance, cette graine mal contrôlable et coûteuse ?

Sans faire de jeu de mots simplet sur l’embonpoint du ministre, il faut dire les choses franchement : le projet de loi 10, c’est un éléphant dans un magasin de porcelaine.

billet - éléphant