De belles rencontres inter-générationnelles

Paru sur la page Facebook d’Éducation 3e âge du collège Maisonneuve et dans La Force des sages (AQDR) de juin 2015.

A quelques reprises, j’ai eu la chance de participer à des belles rencontres inter-générationnelles organisées par Éducation 3e âge du Collège Maisonneuve. Il s’agit, pour deux aînés (une femme, un homme), d’aller bénévolement rencontrer environ 40 jeunes étudiants du cégep, dans le cadre d’un cours de psychologie, pour leur faire part durant environ trois heures, de notre parcours de vie.

Les questions sont nombreuses et franches. On commence par des sujets plus anodins : ressentez-vous des pertes physiques ? Pouvez-vous faire tout ce que vous pouviez faire lorsque vous étiez plus jeunes ? Puis on aborde des sujets plus costauds : avez-vous réalisé vos rêves ? Avez-vous exercé le métier ou la profession que vous pensiez pratiquer dans votre jeunesse ? Votre vie a-t-elle été un échec ou une réussite ? Vos valeurs ont-elles changé entre votre jeunesse et maintenant ? Tout y passe : avez-vous plus d’amis ou moins d’amis maintenant qu’auparavant ? Les voyez-vous plus souvent ou moins souvent ? Quelques sont vos rapports avec vos enfants ? Sont-ils différents de ce qu’étaient vos rapports avec vos propres parents ? Quels sont vos liens avec vos petits-enfants ? Avez-vous encore des rêves et des projets ? Croyez-vous que vous les réaliserez avant de mourir ? Avez-vous peur de la mort ?

Quels sont vos liens avec vos petits-enfants ?

Quels sont vos liens avec vos petits-enfants ?

     Les questions ont été préparées par les étudiants et les profs. Elles varient selon le programme d’étude (santé, sciences humaines, etc.). L’objectif de ces rencontres : permettre à des jeunes d’observer le développement personnel, professionnel, familial et affectif d’une personne d’une autre génération. Il n’y a pas de vie parfaite. Il y a des moments de réussite, des moments d’échec, des bonheurs, des malheurs. Nos jeunes ont besoin, je crois, qu’il y ait une transmission entre les générations. Aujourd’hui, cela manque beaucoup. A commencer par les cours d’histoire qui sont plus que déficients. Et il est rassurant pour de jeunes qui ne sont pas trop sûrs de leur orientation professionnelle de constater que d’autres ont vécu des parcours en zigzags avant eux.

Pour l’aîné qui participe à ce genre de rencontres, c’est une occasion de faire modestement un bilan de vie, sans complaisance mais aussi sans masochisme. Pour l’association Éducation 3e âge du collège Maisonneuve, c’est une façon de remercier ce dynamique collège qui nous offre des cours si intéressants : en philosophie, en économie, en histoire de l’art, en histoire tout court, en astro-physique, en cinéma, en informatique, etc.

A voir les yeux brillants de ces jeunes durant trois heures, à entendre leurs questions pertinentes, à constater leur curiosité, on se dit : oui, il y a de la place pour que les diverses générations se rencontrent et construisent des ponts.

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