C’était il y a 50 ans. J’avais 17 ans.

Paru dans le Bulletin biannuel des Anciens du Collège Sainte-Marie.

En 1965, je terminais ma « Rhétorique » au Collège Sainte-Marie, un collège classique qui a fermé ses portes en 1969. Il était situé au coin Dorchester (René-Lévesque) et Bleury. La Rhétorique (6e année sur les 8 années du cours classique) était « l’année du Conventum ». Il était prévu et souhaitable que nous fêtions régulièrement : les 5 ans, les 10 ans, les 25 ans et les 50 ans du Conventum. Autant de retrouvailles que l’on veut.

Le vendredi 11 septembre dernier, le « Conventum 1965 » fêtait ses 50 ans. Ce fut une réussite. La soirée s’est ouverte par une courte allocution de notre président, Pierre Sanche, qui a remercié les participants — et les quelques participantes — de leur présence. Il a également remercié les dynamiques membres du comité organisateur de la soirée : Judy et Louis Michel Gratton, Jean-Pierre Casavant, Claude Bertrand, Pierre Lamarche, Pierre Poupart, Michel Pitre, Normand Talbot, Michel Archambault, Louis Legault, Serge Roy et Réal Lalande.

Trois morceaux constituaient le menu de la soirée. Nous avons d’abord eu le plaisir d’accueillir un professeur, M. Honoré Jean, 84 ans, qui avait enseigné à plusieurs élèves du Conventum 65 en Versification C (en 1962-63). Il avait, entre autres, fait découvrir le jeune Gilles Vigneault à ses élèves. M. Jean a résumé sa longue carrière d’enseignant. Il a eu cette belle phrase : « J’ai eu beaucoup de plaisir à enseigner à des jeunes élèves comme vous » (nous sommes restés jeunes).

Ensuite, le confrère Pierre Latulippe a déridé l’auditoire en lisant de larges extraits du règlement du Collège en 1957 : exercices religieux, interdictions nombreuses et variées, encadrement maximal des élèves, etc. Une autre époque ! Pierre nous a lu cela sur le ton des Cyniques, groupe bien connu à l’époque.

Enfin, le même Pierre a animé une session sur le thème : « Qu’auriez-vous fait si vous aviez choisi une autre carrière ? » sur l’air de la chanson de Claude Dubois « J’aurais voulu être un artiste ». Certains avaient envoyé des textes écrits que Pierre a lus. D’autres se sont exprimés de vive voix et c’était touchant de connaître certains parcours… plus atypiques. Et il était intéressant d’entendre que plusieurs avaient de nombreux nouveaux projets en cours. La vie commence à 67 ou 68 ans, c’est bien connu. Les quelques consoeurs présentes ont aussi témoigné.

Bref, ce fut une soirée réussie et nous nous sommes quittés pleins de nostalgie, comme il est d’usage. Comme je m’occupais du journal étudiant à cette époque, on m’a dit : « Jacques, tu vas faire le compte rendu pour le Bulletin biannuel des Anciens ». Alors, c’est ce que je viens de faire avec plaisir.

P.S. Ces retrouvailles sont aussi une occasion de penser aux confrères que la Grande Faucheuse a emportés. Je songe entre autres à Paul Rose, ex-felquiste. Un gars si discret, à l’époque.

Paul Rose en 1965.

Paul Rose en 1965.

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Voter Bloc dans la sérénité

Paru dans Le Devoir du 8 septembre 2015 (en version abrégée). Également paru sur les sites de l’Aut’journal, Presse-toi-à-gauche et Vigile.

La moitié de mes amis vont voter Bloc, l’autre moitié NPD. C’est dire les pressions amicales que j’ai subies ! En tout respect pour l’opinion contraire, je vais voter Bloc. Je suis membre du Bloc depuis sa fondation en 1991.

Je souhaite un gouvernement NPD minoritaire. Les gouvernements minoritaires sont davantage à l’écoute de la population. Si on est fédéraliste de gauche, il faut cependant se demander s’il ne faut pas voter pour le parti fédéraliste le plus keynésien (en faveur des déficits et des dépenses publiques), soit les libéraux.

La FTQ va cibler, début septembre, une dizaine de comtés stratégiques, dans la région de Québec et les environs : elle suggérera de battre les conservateurs dans une dizaine de comtés en votant NPD ou pour un autre parti susceptible de battre les conservateurs (en faisant une analyse fine de la composition sociologique des comtés et des tendances antérieures). Ce seront des consignes pertinentes. Je ne suis pas bouché : si j’étais dans un de ces comtés, je voterais probablement NPD.

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Les derniers sondages indiquent que le NPD n’a pas besoin du Québec pour être le parti ayant le plus de députés. http://www.journaldemontreal.com/2015/08/28/sondage-prometteur-pour-gilles-duceppe

Dans tous les autres comtés, il n’y a pas de raison, selon moi, de ne pas voter Bloc. Dans la région de Montréal, il y a un seul comté où cela oscille entre les conservateurs et les libéraux. Dans l’ouest de Montréal, comme toujours, les libéraux dominent. Dans l’est de Montréal et dans le 450, ce sera un duel NPD-Bloc. Il ne faut avoir aucune hésitation dans ce cas, si on est souverainiste, à voter Bloc. L’argument « Non à Harper » ne tient pas dans ces comtés.

Selon les sondages, 40 % (entre 37 et 42%) des Québécois sont souverainistes (50% des francophones du Québec). Il faut que cela se traduise à Ottawa. Si le Bloc est lavé, le Publicsac appelé la Presse, Radio-Canada et autres média fédéralistes voudront, une nouvelle fois, constater le décès de la cause souverainiste.

Je suis triste pour mes amis de QS qui vont voter NPD. Car dès le lendemain de l’élection, le NPD Canada va vraisemblablement aider à mettre sur pied un NPD sur la scène québécoise. On appelle cela un coup de Jarnac !

Le Ministre-Soleil

Billet paru dans La Force des sages (AQDR) du 1er octobre 2015.

Le Dr Barrette est ravi : les DG des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), qu’il a tous nommés personnellement, adoptent un profil bas et ne réclament pas de ressources additionnelles pour contrer les diminutions de services. On l’a constaté récemment : la direction du Centre d’hébergement Cooke, en Mauricie, ne parle que de « réorganisation des services ». C’est dans cet établissement que, récemment, deux personnes âgées gisant au sol ont été laissées à elles-mêmes de longues minutes après être tombées de leur lit.

A chaque événement pénible dans le réseau, le ministre Barrette répète son mantra : réingénierie, réingénierie, réingénierie. Les DG des CISSS, complaisamment, lui emboîtent le pas. On se croirait revenu au temps de l’autoritarisme du Roi-Soleil Louis XIV et de sa cour : le Ministre-Soleil décide de tout. Et pourtant, sur le terrain, on constate que le personnel absent n’est pas toujours remplacé, que les postes dépourvus ne sont pas comblés, que les compressions ont des effets réels, que le personnel est épuisé et rêve d’anticiper sa retraite, que le sentiment d’appartenance – pourtant essentiel – s’est envolé avec les fusions et que les usagers n’ont pas les services auxquels ils ont droit. Les manants n’ont aucun droit, le roi les a tous. Avec son modeste ego, le ministre va apprécier la comparaison.

Louis XIV

Louis XIV