Secteur public : un peu de considération, s.v.p.

par Judith Gagnon, présidente, AQDR nationale

et Jacques Fournier, responsable, comité des communications

Paru sur les sites de l’Aut’journal et Presse-toi-à-gauche. Et dans La Force des sages (AQDR).

L’AQDR réunit plus de 27 000 membres dans 45 sections réparties sur l’ensemble du territoire québécois. Nos membres comptent sur des services publics de qualité pour mener une vie sociale active et bénéfique à l’ensemble dans la société.

Nous sommes d’avis que les offres du gouvernement aux travailleuses et travailleurs du secteur public ne reflètent pas la considération qui leur est due et contribuent plutôt à les appauvrir. Nous croyons que la lutte du personnel des services publics contre l’austérité vise à offrir la quantité et la qualité de services dont nous avons besoin, individuellement et collectivement.

Nous pensons que le gouvernement du Québec ne doit pas laisser entendre que la seule possibilité pour garnir ses coffres est d’augmenter les impôts de la classe moyenne. Il doit plutôt rechercher de façon créative des alternatives fiscales originales. Nous sommes nombreux, au sein de la société civile, à pouvoir lui en suggérer une panoplie.

L’élection récente d’un gouvernement libéral au fédéral, qui met de l’avant une perspective keynésienne, devrait inspirer le gouvernement québécois. S’il faut « garder le cap » sur un objectif, c’est celui de la cohésion d’une société solidaire et moins inégalitaire.

On n’était pas là pour se chicaner

Lettre parue dans Le Devoir du 21 octobre 2015.

Nous étions une dizaine d’amis, chez moi, lors de la soirée électorale. On a bien rigolé chaque fois que Tasha Kheiriddin parlait, on coupait le son, à cause du ton de sa voix. Il y avait moitié de pro-BQ et moitié de pro-NPD. Comme, pour la plupart, nous sommes amis depuis plus de 40 ans (le temps du Service universitaire canadien outremer, SUCO, en Afrique et en Amérique latine, le temps de la Presse Étudiante Nationale en 1965…), on n’était pas là pour se chicaner. On s’est déjà mutuellement pardonné bien des erreurs et des errances. Nous nous plutôt mutuellement consolés : les bloquistes consolaient les partisans du NPD lors de la dégringolade. Les pro-NPD se réjouissaient amicalement de l’élection de chacun des 10 bloquistes.

Tous, on a salué la défaite de Harper. On aurait tous préféré un gouvernement minoritaire. On espère que Justin va se montrer keynésianiste. On s’attend à ce qu’il provoque de nouveaux et incessants blocages (ou du mépris) dans la question nationale. On espère que Justin va disposer de la traduction simultanée en français lors de ses interventions pour qu’on le comprenne. On a versé une larme sur la défaite de Gilles. C’est l’ami Dominique qui a gagné la cagnotte (50 $) car il a mis de nombreux libéraux dans son pari.

On s’est consolés en mangeant du sucre à la crème, des abricots séchés, des amandes, du raisin frais et des Glosette aux raisins. Faut ce qu’il faut. On espère qu’il n’y aura pas une autre soirée électorale bientôt. A nos âges, on a de la misère à veiller tard.

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Voter Bloc pour faire valoir notre différence

Texte collectif paru dans Le Devoir du 17 octobre 2015.

Auteurs : Denis Monière, Robert Comeau, Guy Rocher, Simon-Pierre Savard-Tremblay, Andrée Lajoie, Micheline Labelle, Guy Lachapelle, Jacques-Yvan Morin, Élisabeth Gallat-Morin, Louis Fournier, Danielle Letocha, Pierre Paquette, Jacques Lanctôt, Lorraine Granger, Jean Décarie, Micheline Lachance, Anne Legaré, Pierre Godin, Marilyse Lapierre, Jacques Fournier, Gilles Châtillon, Laurence Richard, Jacques Martin, Julien Des Ormeaux, Yves Vaillancourt, Roger Delorme, Alfred Dubuc, Claude Racine, France Delorme, Gérald Larose, André Poupart.

L’argument selon lequel l’électeur indépendantiste, souverainiste ou même nationaliste devrait faire abstraction de son orientation politique lorsqu’il vote au fédéral nous apparaît spécieux. Le Québécois qui vote aux élections canadiennes est le même qui vote aux élections québécoises, de sorte qu’il y a un effet de vases communicants. Chaque électeur du Québec qui vote pour un parti fédéraliste renforce en conséquence l’emprise politique du Canada sur les esprits des Québécois. Chaque fois qu’un député fédéraliste intervient dans le débat public, il devient un agent actif de l’État canadien au service de la domination canadienne qui constitue un obstacle objectif à notre projet d’émancipation nationale.

Voter pour un des partis fédéralistes, qu’il soit bleu, rouge, orange ou caille, c’est consentir à la subordination politique des Québécois. Voter pour le Bloc, c’est le premier geste de rupture avec le Canada. Cela signifie refuser de se soumettre à la volonté du Canada.

La mission du Bloc est de combattre la supercherie canadienne qui consiste à utiliser le vote des Québécois pour cadenasser la nation québécoise et nous minoriser encore davantage. Le rôle du Bloc est d’empêcher les partis fédéralistes de parler en notre nom. Le Bloc est le parti de la cohérence politique. Il est la seule voix de la nation québécoise.

Le rôle du Bloc est de combattre l’ambivalence historique des Québécois à l’endroit du régime politique canadien, de dévoiler les traquenards de l’idéologie canadienne et de montrer comment le fédéralisme nuit aux intérêts du Québec en limitant nos capacités de développement. C’est ainsi que le Bloc peut préparer la voie à l’accession à l’indépendance, en faisant la pédagogie critique du fédéralisme.

La mission du Bloc est aussi d’affirmer et de défendre l’intérêt national du Québec. On ne peut être une nation lorsqu’on ne maîtrise pas les leviers politiques, lorsqu’on ne dispose pas d’un État qui décide par lui-même ce qu’est le bien public. Une nation ne peut laisser à d’autres le contrôle de son territoire, des moyens de communication, des transports, de la politique énergétique, de ses relations avec les autres pays. Dans le contexte actuel, voter pour le Bloc s’impose si on veut que le Québec devienne une nation de plein droit et ne soit pas réduit à l’insignifiance d’une nation bidon, enfermée dans le cadre étriqué du provincialisme qui s’illusionne sur sa marge d’autonomie.

Nous ne voulons pas de députés qui vont s’ingénier à nous convaincre de rester Canadiens. Nous sommes Québécois à 100 pour cent, nous n’avons qu’une seule allégeance, un seul pays. Voter Bloc, c’est faire barrage aux candidats de la soumission, de la duplicité et de la double identité. Voter Bloc, c’est se donner des forces pour réaliser le projet de pays.

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Un colloque substantiel sur la prévention des chutes à domicile

Compte rendu paru dans La Force des sages (AQDR) du 1er novembre 2015.

Environ 140 personnes ont participé au colloque 2015 de l’AQDR, tenu à Montréal le 8 octobre, sous le thème : « Prévenir les chutes chez les aînés à domicile. Mon autonomie, j’y tiens ! ». Des conférenciers de qualité, de disciplines variées, se sont succédé pour faire saisir cette problématique de prévention dans toute sa complexité. Le colloque était animé par la journaliste Françoise Guénette.

Mme Régine Laurent, infirmière, présidente d’honneur

Résumé des propos de la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) qui, selon Mme Guénette, « tient tête aux ministres Coiteux et Barrette » :

– Si l’AQDR tient un colloque sur la prévention des chutes, c’est parce que c’est une problématique importante.

– Proverbe africain : ne pas s’occuper des personnes âgées, c’est comme brûler nos bibliothèques.

– Les jeunes, au fond, ne sont séparés que par quelques années de leur propre vieillissement.

– Pour donner des services, faire de la prévention, il faut y mettre des ressources. Ce qui se passe sur le terrain, c’est honteux. Notre ligne téléphonique, recueillant les doléances des usagers, l’a démontré.

– Quand, en CHSLD, on n’a pas le temps de changer la culotte d’incontinence avant le souper, c’est inacceptable.

– Le rôle de proche aidant est exigeant. Le gouvernement a des attentes trop élevées, irréalistes face aux aidants.

– La méthode Proaction-Toyota : 15 minutes pour une relation d’aide de premier niveau, 30 minutes pour une relation d’aide de deuxième niveau. C’est absurde. C’est quoi une relation d’aide de premier niveau ? de deuxième niveau ? L’autonomie des professionnelles à décider du temps à consacrer à la situation vécue a été réduite depuis quelques années.

Vous avez du pouvoir. Vous pouvez réclamer. Le fédéral a modifié unilatéralement les règles des transferts financiers en santé. Le Québec sera perdant. Il faut dénoncer cela.

– Le désengagement financier du gouvernement Couillard envers les aînés est à dénoncer.

– Nous vivons dans une société de gestion de la performance. Selon cette mentalité, les aînés ne sont plus utiles à la société.

– Deux pistes constructives et innovatrices mises de l’avant par la FIQ :

  1. Pour l’accessibilité aux soins mineurs, une clinique de proximité a été mise sur pied à Québec. Sans médecins sur place. 1700 consultations en un an. 5% seulement des situations ont été référées par la suite à des médecins.
  2. Pour l’hébergement des personnes âgées, créer des petites maisons d’un maximum de 15 à 20 personnes. Les résidents y prennent les décisions. Les résidents sont sur le CA de la maison. On n’y mettra pas les gens dans des cases (tant d’heures/soins par jour). Ces petites maisons s’adaptent aux besoins.

– « Plus les structures sont grosses, moins les gens sont importants ».

– Le moment venu, je veux devenir membre de l’AQDR ! Poursuivre la lecture

Deux nouveaux obstacles qui gênent le développement du bénévolat et du militantisme

Conclusion de l’intervention de Jacques Fournier, militant à l’AQDR, au Forum solidarité et engagement, organisé par l’Institut Mallet à l’Université Concordia le 14 octobre 2015.

Paru dans La Force des sages (AQDR) du 1er novembre 2015. Et sur les sites Vigile, l’Aut’journal et Presse-toi-à-gauche.

La troisième et dernière partie de ma présentation décrit deux nouveaux obstacles récents à la participation sociale des aînés.

1) A mon avis, le retrait progressif de l’État providence et la mise en place d’un État de plus en plus libéral nuit au développement du bénévolat dans le sens suivant. Il y avait auparavant certaines tâches relevant des services publics qui sont de moins en moins accomplies, des services publics qui sont de moins en moins rendus. On demande donc de plus en plus à des bénévoles, qui ne sont pas nécessairement qualifiés pour le faire, de rendre certains services qu’ils ne rendaient pas autrefois. Je prends un exemple concret. Une personne peut désirer faire des visites d’amitié, disons bimensuelles, à des personnes âgées isolées. Elle adore ce type de bénévolat. Mais il arrive que la bénéficiaire de la visite, ne recevant plus tel service de l’État, soit portée à demander gentiment à la personne bénévole de le faire à la place (exemple : pouvez-vous faire un peu de ménage, je n’ai pas les moyens de me payer les services de l’entreprise d’économie sociale en aide domestique, ou même, pouvez-vous m’aider à me laver, l’auxiliaire familiale du CLSC a été coupée, etc.). A l’AQDR, nous recevons des témoignages de coupures de services à tous les jours. Ces aimables demandes peuvent décourager la personne bénévole qui ne demandait qu’à faire une visite d’amitié. La bénévole va abandonner ses visites d’amitié : on ne contraint pas une bénévole. L’État ultra-libéral est-il en train de tuer la poule aux oeufs d’or du bénévolat ? Poursuivre la lecture

Comment favoriser l’engagement social des aînés

Présentation de Jacques Fournier, militant à l’AQDR, au Forum solidarité et engagement, organisé par l’Institut Mallet à l’Université Concordia le 14 octobre 2015.

Quelles sont les formes traditionnelles d’engagement des aînés ? Quelles sont les nouvelles formes d’implication ? Quelles pratiques innovantes favorisent leur engagement ? S’engagent-ils plus ou moins qu’auparavant ? S’engagent-ils différemment ? Comment les mobiliser davantage ? Quelles sont les contributions spécifiques des aînés au secteur de l’action bénévole et de l’engagement social ? Que nous réserve l’avenir ?

Voilà la belle panoplie de questions soumise aux trois panelistes. Je vais diviser ma présentation en trois points. Je vais d’abord résumer les éléments d’analyse que j’ai décrits dans Le Devoir du 5 août dernier sous le titre Peut-on accroître le militantisme et le bénévolat chez les aînés ? C’est probablement un peu la parution de cet article qui me vaut le plaisir d’être avec vous aujourd’hui.

Je vais ensuite tracer un portrait des « nouveaux » bénévoles en utilisant les données de l’excellente et toute récente étude intitulée « Un portrait du bénévolat d’aujourd’hui et de demain », par Andrée Sévigny, Danielle Lepage et Solange Proulx, de l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés de l’Université Laval (IVPSA).

Enfin, troisième et dernière partie, je vais décrire quelques-uns des nouveaux obstacles qui se dressent contre la participation sociale des aînés et examiner avec vous quels pourraient être les moyens de contrer ces obstacles. Poursuivre la lecture