La joie, pour aller plus loin que le bonheur…

Paru dans Le carnet des simplicitaires (simplicité volontaire) et sur les sites Vigile et Presse-toi-à-gauche. Billet aussi paru dans La Force des sages (AQDR).

Le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir nous régale d’un nouveau livre, pertinent, accessible et substantiel : La Puissance de la joie (Fayard, 2015, 212 pp.). Cette fois, il traite de la joie, un état plus profond que le plaisir et plus concret que le bonheur.  Comme retraités, nous recherchons parfois tout simplement la sagesse et ce que les anciens Grecs appelaient l’ataraxie, c’est-à-dire l’absence de souffrance. Lenoir nous invite à aller plus loin et à viser l’atteinte de la joie.

Dans sa quête, il s’inspire particulièrement de Spinoza, de Nietzsche et de Bergson. Et il y met du sien : il livre parfois un témoignage des difficultés ou des malheurs qu’il a vécus personnellement pour nous faire voir qu’il n’est pas un promoteur de la vie en rose.

Pour arriver à la joie, le chemin s’appelle attention, présence, méditation, confiance et ouverture du coeur, bienveillance, gratuité, gratitude, persévérance dans l’effort (son côté Foglia), lâcher-prise, consentement et jouissance du corps.

Frédéric Lenoir

Frédéric Lenoir

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Billet – Islam, hospitalité, souvenirs…

Billet paru dans La Force des sages (AQDR).

Mon premier contact plus approfondi avec l’islam a été la traversée sur le pouce du désert du Sahara, du nord au sud, à l’été 1968. J’avais 20 ans. Ce voyage m’a donné dès le départ une image très positive de cette religion et de ceux qui la pratiquent.

En fait, pour situer ce voyage, il faut préciser que j’ai enseigné en Afrique de l’ouest, au Togo, de 1967 à 1969, dans le cadre du SUCO, le Service universitaire canadien outre-mer. L’été 1968, j’ai voyagé avec un autre coopérant québécois, Francois, en Afrique de l’ouest. Nous avons pris un bateau entre Dakar, au Sénégal, et Casablanca, au Maroc. Nous sommes montés en Espagne puis nous avons pris un traversier pour Oran en Algérie (voir cartes plus bas). Le plus court chemin pour arriver à temps à la rentrée scolaire au Togo, c’était de traverser le Sahara en ligne à peu près droite vers le sud. Nous avons donc fait du pouce entre Alger, Ghardaïa, El Golea, In Salah, Tamanrasset et In Guezzam, à la frontière algéro-nigérienne, pour aboutir à Agadez (que tous ces noms sont évocateurs !).

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Aide à domicile : une main d’oeuvre sous-payée

Paru sur les sites de l’Aut’journal et Presse-toi-à-gauche. Paru aussi dans La Force des sages (AQDR).    

Radio-Canada nous informe que les budgets alloués à l’aide à domicile sont en baisse dans les cinq Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’île de Montréal. Ils ont diminué de 9 % cette année par rapport à l’an dernier, ce qui représente une somme de 9 millions $. Le ministre Barrette, à tort, nie cette réalité en amalgamant les divers postes budgétaires : soins infirmiers à domicile, physiothérapie, ergothérapie, inhalothérapie, aide à domicile, etc.

Car les politiques décrétées par le ministre obligent maintenant les CIUSSS à référer, sauf exceptions, les demandes d’hygiène personnelle (bains et autres services connexes) aux entreprises d’économie sociale en aide domestique (EESAD). Or, dans la région de Montréal en particulier, les EESAD ne sont pas en mesure de fournir ces services car elles n’ont pas le personnel qualifié pour le faire, n’offrant pas des salaires compétitifs décents pour assurer cette tâche. Les EESAD proposent un taux horaire d’environ 11 $ (à peine plus que le salaire minimum) alors que les auxiliaires familiales qualifiées des CIUSSS touchent une rémunération bien méritée de plus de 18 $ l’heure pour la même responsabilité. De plus, les auxiliaires familiales des CIUSSS sont en contact direct avec l’équipe des autres intervenantes, ce que n’offrent pas les préposées des EESAD. Enfin, les usagers doivent payer les services d’hygiène personnelle des EESAD alors que ceux des auxiliaires familiales des CIUSSS sont gratuits. Bref, le ministre Barrette veut faire faire un travail délicat, nécessitant doigté et professionnalisme, par une main d’oeuvre non qualifiée et sous-rémunérée. C’est une forme de privatisation et une exploitation d’une main d’oeuvre essentiellement féminine.

Notons que les EESAD offrent par ailleurs des services d’entretien ménager pour lesquels elles ont un personnel adéquatement formé mais très mal rémunéré. Les tarifs sont fixés en proportion des revenus de l’usager.

L’Association québécoise de défense des droits des retraités (AQDR) demande que tous les services d’hygiène personnelle (bains et autres services connexes) soient donnés par les auxiliaires familiales des CIUSSS, qu’ils continuent à être gratuits et directement en lien avec le travail des autres intervenantes de leur établissement.

 

Billet – Une pensée molle

 

Un vocabulaire imprécis, des idées confuses, une pensée molle. Voilà ce qui caractérise Justin Trudeau, l’idole du moment. A l’occasion d’une interview avec Patrice Roy, de Radio-Canada, il a dit qu’il n’y a pas vraiment de différence entre le multiculturalisme canadien et l’interculturalisme québécois. Pour lui, l’interculturalisme est la façon québécoise de nommer le multiculturalisme canadien. Or l’interculturalisme vise l’intégration (non l’assimilation) harmonieuse dans le respect des différences alors que le multiculturalisme — maintenant rejeté par la Grande-Bretagne et l’Allemagne — fait perdurer des différences inconciliables avec la création d’une société civile agrégée, rassemblée et solidaire : concrètement, elle rime avec la création de ghettos parallèles soi-disant inclusifs. Camus disait : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».