Convergence : faire preuve de créativité

Paru dans Presse-toi-à-gauche du 29 mars 2016.

Presse-toi-à-gauche nous invite à contribuer au débat sur la situation du mouvement indépendantiste et sur ses perspectives.

Denis Monière, professeur de science politique à l’Université de Montréal a ébauché, dans Le Devoir du 17 février 2016 (http://www.ledevoir.com/politique/quebec/463142/la-convergence-pour-quoi-faire) un modèle intéressant, qui n’est pas parfait mais qui a le mérite d’être concret. Ce modèle ferait exploser le nombre de députés potentiels de QS, d’ON et du PQ. En voici un large extrait :

« Il faut penser un système de distribution des circonscriptions transparent, équitable et qui minimise les pertes de votes en raison de la concurrence de candidatures indépendantistes. Il faut d’abord protéger les acquis de chaque parti, ce qui veut dire qu’il y aurait 33 circonscriptions protégées : trente pour le PQ et trois pour QS. Dans ces circonscriptions, les partis de la coalition ne se feraient pas concurrence, chaque parti ayant été élu en 2014 organisant le choix de son propre candidat et les deux autres partis acceptant de travailler à son élection. Il reste 92 autres circonscriptions à pouvoir qui étaient représentées soit par des libéraux ou par des caquistes. Si on utilise comme barème de distribution le pourcentage du vote obtenu par les différents partis indépendantistes à l’élection de 2014, le PQ pourrait présenter un candidat dans 69 circonscriptions, QS dans 19 et Option nationale dans 4. Ces circonscriptions pourraient être attribuées par tirage au sort.

« On peut aussi imaginer un système moins contraignant et ouvrant une compétition limitée entre partis indépendantistes en réservant une banque d’une vingtaine de circonscriptions où les partis fédéralistes ont eu le plus grand nombre de votes et où les chances de faire élire un indépendantiste sont quasi nulles. Dans ces circonscriptions imprenables, il y aurait lutte entre les partis indépendantistes. »

C’est un modèle qui présume une grande maturité politique de la part des partis. On est dans la logique de gouvernements de coalition. Qu’en pensez-vous ? Et surtout : avons-nous quelque chose de plus articulé, de plus créatif à proposer ?

Billet – Pour habiller qui ?

Lettre parue dans Le Devoir du 25 mars 2016.

Le ministre Barrette a décidé de forcer les CLSC à transférer des ressources humaines vers les Groupes de médecine familiale (GMF). Cela ne donnera aucun service de plus à la population. Mais cela contribuera à démanteler le secteur public. Des ressources humaines variées, en service social et en réadaptation, passeront sous la direction de médecins. Un pas de plus vers la médicalisation du système de santé. Un pas de plus vers la gestion privée des ressources publiques. On va encore déshabiller Jean pour habiller Gaétan.

La philosophie et les femmes

Paru dans La Force des sages (AQDR) du 1er avril 2016.

Un sympathique ouvrage de philosophie vient de paraître sous le titre « La philosophie et les femmes », écrit par Jacques Senécal, professeur de philo, entre autres, à Éducation 3e âge du Collège Maisonneuve (éditions Cornac, 2016, 171 pp.). L’auteur tente de répondre à la question : pourquoi y a-t-il, historiquement, si peu de femmes en philosophie ? Il y décrit quelques mythes anciens concernant les femmes, retrace des éléments d’histoire et traite des féministes au masculin (les épicuriens, Descartes, Montesquieu, Condorcet, Fourier, etc.).

Il fait le portrait de femmes philosophes d’inspiration mystique (Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, etc.) ou méconnues (Christine de Pisan, Marie de Gournay, etc.). Enfin, il aborde trois grandes philosophes : Simone Weil (1919-1943), Hannah Arendt (1906-1975) et Simone de Beauvoir (1908-1986).

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