Un film américain minable : quel est le message ?

Billet d’humeur paru dans le Carnet des simplicitaires (simplicité volontaire).

L’autre soir, j’ai écouté (en différé) un film américain minable, à TVA, pourtant coté 4 dans le télé-horaire. Le titre : Jeune adulte. 2011. Comédie dramatique de Jason Reitman avec Charlize Theron dans le rôle principal (Mavis). Une romancière divorcée, fin de la trentaine, retourne dans son patelin de jeunesse afin de reconquérir son ancien amoureux, marié et récemment père de famille. Mavis, quand elle était jeune, était la plus jolie fille de l’école. Mais les choses ne se passent pas comme elle le désire et son ancien amoureux ne veut rien savoir d’elle. L’échange final est piteux (je paraphrase) :

– Mavis : « Je vois que vous êtes heureux ici, même si c’est une petite ville oubliée où il ne se passe rien. Je vous envie ».

– Une amie d’enfance : « Mavis, tu es la plus brillante d’entre nous. Ne reste pas ici, retourne dans la grande ville où tu redeviendras une vedette ».

– Mavis : « Merci. Tu me fais réaliser que mon destin n’est pas ici. Je dois retourner en ville et redevenir une vedette ».

– L’amie d’enfance : « Alors, emmène-moi avec toi ».

– Mavis : « Non, tu es née pour rester dans cette ville paumée ».

Égoïsme, élitisme, mépris des petites gens, mépris des petites villes, manque de profondeur, incapacité à se remettre en question. Comment un tel film a-t-il pu avoir la cote 4 ? Le problème, c’est que les films ne font pas que refléter les valeurs d’une société donnée, ils en font la promotion. Quelle image donne-t-on des gens qui vivent dans une sympathique petite ville, dans la simplicité volontaire et l’amour de la famille ?

Le Devoir a vu juste : « Le scénario dans son ensemble fonctionne sur ce principe de fonctionnalité, où chaque élément mis en place révèle une intention qui aurait dû rester masquée. Entre la nécessité d’illustrer les travers de l’héroïne et le besoin de la rendre attachante et touchante pour le public, Theron trouve l’équilibre, mais son personnage manque un peu de définition malgré tout, comme en témoigne le dénouement précipité, qui laisse en plan certains enjeux soulevés et sent le compromis négocié en salle de montage ». Plus loin : « Mais elle (Charlize Theron) ne peut pas faire oublier les limites d’un film qui, sur les thèmes du vide existentiel et de la peur de vieillir, n’a pas grand-chose à dire ».

Mais — hélas ! — les critiques américains n’y ont vu que du feu : « Jeune adulte a dans l’ensemble rencontré des critiques favorables dans les pays anglophones avec un pourcentage de 81 % sur le site Rotten Tomatoes, basé sur 116 commentaires et une note moyenne de 7/10 et une moyenne de 73/100 sur le site Metacritic, basé sur 40 commentaires. ».

Je comprends pourquoi Donald Trump a la cote…

P.S. Je crois que ce qui m’a particulièrement irrité, c’est que ce film était coté 4. Il méritait un 6.

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