Services à domicile : une bonne nouvelle qui n’en est pas une

Paru sur les sites de L’Aut’journal, de Vigile et de Presse-toi-à-gauche. Paru dans L’AQDR Express du 1er octobre 2016.

Le gouvernement québécois a annoncé le 24 août, en catimini, l’octroi d’une somme de 14,1 millions $ à la Fédération des coopératives de services à domicile afin de former quelque 4 500 préposés d’aide à domicile à la dispensation de soins directs à la personne (bains, etc.). Ce qui apparaît comme une bonne nouvelle est en réalité une mauvaise.

La vraie nouvelle : le gouvernement annonce ou confirme qu’il fera dorénavant réaliser par les entreprises d’économie sociale en aide domestique (EESAD) des tâches spécialisées (les bains à domicile, etc.) qui étaient autrefois effectuées gratuitement par les auxiliaires familiales des CLSC. Le gouvernement annonce que des femmes, majoritairement, seront payées un peu plus de 12,50 $ de l’heure, seulement, pour des fonctions qui commandaient jusqu’ici une rémunération adéquate d’environ 19 $. Le gouvernement annonce que ces femmes devront se contenter de vivre au-dessous du seuil de la pauvreté. Le gouvernement annonce qu’une formation de 120 heures est maintenant suffisante pour donner des bains aux personnes en perte d’autonomie, alors que les auxiliaires familiales des CLSC bénéficient d’une formation de 975 heures.

Le gouvernement annonce que les services à domicile à la personne (bains, soins d’hygiène, etc.) devront dorénavant, sauf exceptions, être payés par les usagers. Le gouvernement annonce qu’à cause des salaires trop bas, les EESAD continueront à connaître un taux de rotation élevé du personnel, surtout dans la région de Montréal, ce qui ne facilite pas la continuité des services. Poursuivre la lecture

Chronique du grand-père – Des moments magiques

Paru dans L’AQDR Express du 1er octobre 2016.

Avec ma petite-fille Ève, qui a cinq ans, j’ai découvert un nouveau jeu et passé des moments magiques. J’en fais part à tous les parents et grands-parents que je connais. Le jeu s’appelle Bisous-dodo (3 à 6 ans) et se termine par le dodo de l’enfant : on pige des cartes et quand les trois cartes drap, oreiller et doudou sont réunies, l’enfant va au lit. Mais en fait, on peut utiliser des variantes. Les cartes sont des dessins, il n’est pas besoin de savoir lire pour jouer.

Ainsi, quand on pige une carte où l’on voit un coeur sur un coude, l’enfant (ou le parent) donne un baiser sur le coude. S’il y a un coeur sur un genou, c’est un baiser sur le genou. Et s’il y a des coeurs partout, on donne des baisers partout. Il y a aussi le baiser-papillon (du bout des cils, en clignant des yeux), le baiser esquimau (en se frottant doucement le nez), la carte pour imiter le hibou, celle pour imiter le chat, la plume pour chatouiller, la carte des notes pour chanter une chanson, etc. Bref, quand je joue à Bisous-dodo avec Ève, c’est un festin de bisous variés. Elle n’est pas avare de son affection. Quand elle tire la carte bisous partout, c’est la fiesta. Elle rit sans arrêt. Grands-parents, courez acheter votre Bisous- dodo. Ève, puisses-tu rester aussi rieuse toute ta vie !

bisous-dodo

Billet : la démocratie participative en péril

Paru sur les sites de L’Aut’journal, de Vigile et de Presse-toi-à-gauche. Paru dans L’AQDR Express du 1er octobre 2016.

Je ne suis pas un partisan de la « politique de la chaise vide ». Je crois que lors des commissions parlementaires et consultations gouvernementales, les groupes communautaires, féministes, écologistes, les syndicats, les citoyens et citoyennes doivent faire des mémoires et des représentations. Quand quelques-unes de nos propositions sont retenues, on se dit qu’on n’a pas perdu son temps.

Mais je constate qu’avec le ministre Gaétan Barrette, les paramètres ont changé. En plus de quarante ans de militance dans le milieu communautaire, je n’ai jamais vu un ministre aussi obtus et fermé. Par exemple, lors de la commission parlementaire sur la création des super-hyper-méga-établissements, il n’a pas pris en considération 95% des mémoires présentés. Il croit qu’il a toujours raison et qu’il n’a pas besoin des avis des autres. Il a ouvertement méprisé les chercheurs qui posaient des questions de fond.

Au cours des prochains mois, le ministre Barrette fera de nouvelles consultations sur diverses politiques. Devrait-on lui présenter des mémoires ? Certains de mes amis disent : boycottons-le, ne lui présentons aucun mémoire, il sera sidéré et cela le fera réfléchir. J’en doute : le ministre dira plutôt que son projet est parfait puisque personne ne le conteste.

Dans nos groupes communautaires et dans nos syndicats, on sait tout ce que la rédaction d’un mémoire implique : recherches, remue-méninges, consultations, etc. pour arriver au consensus le plus démocratique possible au sein de l’organisme. Sur le ton de l’humour, je suggère ceci : présentons à Gaétan Barrette un copié-collé de nos précédents mémoires car il ne les a pas lus. Il n’y verra que du feu. Cela nous facilitera la tâche et nous économiserons ainsi nos énergies. Décidément, le ministre Barrette a un sérieux problème avec la démocratie participative.

Le ministre écoutant un mémoire en commission parlementaire.

Le ministre écoutant un mémoire en commission parlementaire.