Les aînés et le salaire minimum à 15 $

A paraître dans l’AQDR Express du 1er novembre 2016.

Pourquoi les aîné-es ont-ils intérêt à ce que le salaire minimum soit à 15 $ ? En soi, c’est une question de dignité de la personne. Toute personne a droit à un revenu décent. Mais il y a plus. Les aîné-es reçoivent souvent des services dispensés par des personnes sous-payées : dans les ressources intermédiaires (RI), dans les résidences privées, dans les entreprises d’économie sociale en aide domestique (EESAD), par exemple, le personnel est maigrement payé. Conséquence : ce personnel a un taux de rotation élevé. Dans les services à la personne, les aînés-es ont pourtant besoin de continuité : ils ne veulent pas que le personnel qui s’occupe d’eux change à toutes les semaines. Mais c’est normal de changer d’emploi quand on est sous-payé : quand le salaire est meilleur au Tim Horton, les gens vont travailler au Tim Horton. 15 $ l’heure, c’est un minimum !

Lancement de la campagne 5-10-15 : une série d’actions pour un travail décent

Manifestation à Montréal le 15 octobre : un succès ! L’AQDR y était ! (photos: Jacques Fournier)

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Frais médicaux accessoires : qu’est-ce qui est permis ?

A paraître dans L’AQDR Express du 1er novembre 2016.

Le dossier des frais médicaux accessoires est en pleine évolution. Le ministre Barrette joue au chat et à la souris avec le gouvernement fédéral car la Loi canadienne de la santé interdit les frais accessoires. Le fédéral menace donc de pénaliser financièrement Québec si le ministre Barrette continue à permettre aux médecins de charger des frais accessoires  — dans le passé, le fédéral a effectivement coupé une partie du financement de provinces délinquantes.

Au départ, le ministre Barrette se proposait de « baliser » (limiter) les frais accessoires, même si cela est un peu hypocrite car les médecins sont très créatifs dans la façon de facturer des frais (au début du régime, en 1970, il avait été convenu que le tiers environ de la rémunération des médecins devait être consacré aux locaux, téléphones, services de secrétariat et fournitures diverses). Le ministre a ensuite annoncé que les frais seraient abolis le premier janvier 2017 mais rien n’est clair dans ce dossier. Car le ministre a aussi dit que des frais pourraient être chargés pour le transport d’échantillons (prélèvements): on cherche la logique de cette trouvaille qui contrevient, elle aussi, à la Loi canadienne de la santé.

Par ailleurs, l’avocat Me Jean-Pierre Ménard a demandé à la Cour fédérale qu’elle interdise au Dr Barrette de permettre les frais accessoires. Cette démarche a irrité profondément le ministre.  Même s’il dit que les m.d. devront absorber les frais, on constate qu’il négocie actuellement (sempiternellement) avec les fédérations de médecins. Et les pourparlers avec Ottawa ne sont pas encore terminés.

Pour savoir ce qu’un m.d. a le droit de vous charger, allez sur le site de la RAMQ. Ces informations sont constamment mises à jour. C’est la responsabilité de la RAMQ de nous informer car ce dossier est compliqué :

http://www.ramq.gouv.qc.ca/fr/citoyens/assurance-maladie/soins/Pages/frais-facture-medecin.aspx

http://www.ramq.gouv.qc.ca/fr/professionnels/medecins-specialistes/facturation/legalite-frais-demandes/Pages/introduction.aspx

Si vous n’êtes pas sûr, n’hésitez pas à appeler à la RAMQ pour vous informer ou pour vous plaindre :

http://www.ramq.gouv.qc.ca/fr/nous-joindre/citoyens/Pages/nous-joindre.aspx

Comme en fait foi l’article suivant, les droits des usagers ne sont actuellement pas respectés. C’est ce qu’affirme la Vérificatrice générale :

http://www.journaldequebec.com/2016/05/10/frais-accessoires-quebec-na-pas-le-controle-confirme-la-verificatrice-generale

L’AQDR continue à suivre ce dossier de près.

 

Une autre consultation-bidon du ministre Barrette

Paru sur les sites Vigile et Presse-toi-à-gauche. A paraître dans L’AQDR Express du 1er novembre 2016. 

Il y a quelques années, j’ai vu un dessin très drôle. Un jongleur est reçu en audition par le directeur d’un cirque. Il utilise simultanément des dizaines d’accessoires : balles, cerceaux, quilles, etc. Il met à contribution toutes les parties de son corps : les pieds, les genoux, la taille, les coudes, les mains, les épaules, la tête, le nez, etc. Tous les accessoires tournent en même temps. Le directeur lui demande : « Et avec les oreilles, vous ne faites rien ? »

Cette blague me fait penser au ministre Barrette : il voudrait que le personnel des CHSLD en fasse davantage.

Le ministre a annoncé le 19 septembre la mise en oeuvre d’une démarche visant à presser davantage le citron d’un personnel qui est déjà débordé et épuisé : « Avec l’adoption de la loi 10, nous nous sommes donné les moyens de recenser les meilleures pratiques dans le réseau. Nous nous sommes assurés que celles-ci soient partagées et qu’elles puissent être implantées partout au Québec. Actuellement, certains établissements sont très performants, d’autres moins. Nous voulons que les plus performants puissent mettre leur expertise au profit des autres », a déclaré le ministre.

Cette démarche est irréaliste et ne tient pas compte des coupures de centaines de millions qui ont été effectuées dans le réseau ces dernières années. Si on veut davantage de bains dans les CHSLD, il faut ajouter du personnel, et non pas en retirer. Poursuivre la lecture