Publication du livre de Jacques F.

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution du livre de Jacques, « S’engager! Pourquoi, comment? Matériaux de réflexion à l’intention de mes petits enfants », disponible en librairie dès aujourd’hui.

Jacques souhaitait plus que tout que son ouvrage soit publié ce printemps, comme un héritage pour ses petits enfants, mais aussi pour tous ceux et celles intéresséES par le militantisme ainsi que par les questions sociales et politiques.

Nous sommes très heureux d’avoir exaucé son vœu.

 

Bonne lecture!

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En souvenir de Jacques

Jacques n’est plus là pour continuer à nous nourrir de ses réflexions et analyses. Comme plusieurs le savent il est décédé le 29 novembre 2016, à l’âge de 68 ans.

Toutefois son blogue demeurera accessible. Vous pourrez donc consulter ses textes et vous en inspirer encore longtemps.

Hélène, épouse de Jacques.

Les aînés et le salaire minimum à 15 $

A paraître dans l’AQDR Express du 1er novembre 2016.

Pourquoi les aîné-es ont-ils intérêt à ce que le salaire minimum soit à 15 $ ? En soi, c’est une question de dignité de la personne. Toute personne a droit à un revenu décent. Mais il y a plus. Les aîné-es reçoivent souvent des services dispensés par des personnes sous-payées : dans les ressources intermédiaires (RI), dans les résidences privées, dans les entreprises d’économie sociale en aide domestique (EESAD), par exemple, le personnel est maigrement payé. Conséquence : ce personnel a un taux de rotation élevé. Dans les services à la personne, les aînés-es ont pourtant besoin de continuité : ils ne veulent pas que le personnel qui s’occupe d’eux change à toutes les semaines. Mais c’est normal de changer d’emploi quand on est sous-payé : quand le salaire est meilleur au Tim Horton, les gens vont travailler au Tim Horton. 15 $ l’heure, c’est un minimum !

Lancement de la campagne 5-10-15 : une série d’actions pour un travail décent

Manifestation à Montréal le 15 octobre : un succès ! L’AQDR y était ! (photos: Jacques Fournier)

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Frais médicaux accessoires : qu’est-ce qui est permis ?

A paraître dans L’AQDR Express du 1er novembre 2016.

Le dossier des frais médicaux accessoires est en pleine évolution. Le ministre Barrette joue au chat et à la souris avec le gouvernement fédéral car la Loi canadienne de la santé interdit les frais accessoires. Le fédéral menace donc de pénaliser financièrement Québec si le ministre Barrette continue à permettre aux médecins de charger des frais accessoires  — dans le passé, le fédéral a effectivement coupé une partie du financement de provinces délinquantes.

Au départ, le ministre Barrette se proposait de « baliser » (limiter) les frais accessoires, même si cela est un peu hypocrite car les médecins sont très créatifs dans la façon de facturer des frais (au début du régime, en 1970, il avait été convenu que le tiers environ de la rémunération des médecins devait être consacré aux locaux, téléphones, services de secrétariat et fournitures diverses). Le ministre a ensuite annoncé que les frais seraient abolis le premier janvier 2017 mais rien n’est clair dans ce dossier. Car le ministre a aussi dit que des frais pourraient être chargés pour le transport d’échantillons (prélèvements): on cherche la logique de cette trouvaille qui contrevient, elle aussi, à la Loi canadienne de la santé.

Par ailleurs, l’avocat Me Jean-Pierre Ménard a demandé à la Cour fédérale qu’elle interdise au Dr Barrette de permettre les frais accessoires. Cette démarche a irrité profondément le ministre.  Même s’il dit que les m.d. devront absorber les frais, on constate qu’il négocie actuellement (sempiternellement) avec les fédérations de médecins. Et les pourparlers avec Ottawa ne sont pas encore terminés.

Pour savoir ce qu’un m.d. a le droit de vous charger, allez sur le site de la RAMQ. Ces informations sont constamment mises à jour. C’est la responsabilité de la RAMQ de nous informer car ce dossier est compliqué :

http://www.ramq.gouv.qc.ca/fr/citoyens/assurance-maladie/soins/Pages/frais-facture-medecin.aspx

http://www.ramq.gouv.qc.ca/fr/professionnels/medecins-specialistes/facturation/legalite-frais-demandes/Pages/introduction.aspx

Si vous n’êtes pas sûr, n’hésitez pas à appeler à la RAMQ pour vous informer ou pour vous plaindre :

http://www.ramq.gouv.qc.ca/fr/nous-joindre/citoyens/Pages/nous-joindre.aspx

Comme en fait foi l’article suivant, les droits des usagers ne sont actuellement pas respectés. C’est ce qu’affirme la Vérificatrice générale :

http://www.journaldequebec.com/2016/05/10/frais-accessoires-quebec-na-pas-le-controle-confirme-la-verificatrice-generale

L’AQDR continue à suivre ce dossier de près.

 

Une autre consultation-bidon du ministre Barrette

Paru sur les sites Vigile et Presse-toi-à-gauche. A paraître dans L’AQDR Express du 1er novembre 2016. 

Il y a quelques années, j’ai vu un dessin très drôle. Un jongleur est reçu en audition par le directeur d’un cirque. Il utilise simultanément des dizaines d’accessoires : balles, cerceaux, quilles, etc. Il met à contribution toutes les parties de son corps : les pieds, les genoux, la taille, les coudes, les mains, les épaules, la tête, le nez, etc. Tous les accessoires tournent en même temps. Le directeur lui demande : « Et avec les oreilles, vous ne faites rien ? »

Cette blague me fait penser au ministre Barrette : il voudrait que le personnel des CHSLD en fasse davantage.

Le ministre a annoncé le 19 septembre la mise en oeuvre d’une démarche visant à presser davantage le citron d’un personnel qui est déjà débordé et épuisé : « Avec l’adoption de la loi 10, nous nous sommes donné les moyens de recenser les meilleures pratiques dans le réseau. Nous nous sommes assurés que celles-ci soient partagées et qu’elles puissent être implantées partout au Québec. Actuellement, certains établissements sont très performants, d’autres moins. Nous voulons que les plus performants puissent mettre leur expertise au profit des autres », a déclaré le ministre.

Cette démarche est irréaliste et ne tient pas compte des coupures de centaines de millions qui ont été effectuées dans le réseau ces dernières années. Si on veut davantage de bains dans les CHSLD, il faut ajouter du personnel, et non pas en retirer. Poursuivre la lecture

Services à domicile : une bonne nouvelle qui n’en est pas une

Paru sur les sites de L’Aut’journal, de Vigile et de Presse-toi-à-gauche. Paru dans L’AQDR Express du 1er octobre 2016.

Le gouvernement québécois a annoncé le 24 août, en catimini, l’octroi d’une somme de 14,1 millions $ à la Fédération des coopératives de services à domicile afin de former quelque 4 500 préposés d’aide à domicile à la dispensation de soins directs à la personne (bains, etc.). Ce qui apparaît comme une bonne nouvelle est en réalité une mauvaise.

La vraie nouvelle : le gouvernement annonce ou confirme qu’il fera dorénavant réaliser par les entreprises d’économie sociale en aide domestique (EESAD) des tâches spécialisées (les bains à domicile, etc.) qui étaient autrefois effectuées gratuitement par les auxiliaires familiales des CLSC. Le gouvernement annonce que des femmes, majoritairement, seront payées un peu plus de 12,50 $ de l’heure, seulement, pour des fonctions qui commandaient jusqu’ici une rémunération adéquate d’environ 19 $. Le gouvernement annonce que ces femmes devront se contenter de vivre au-dessous du seuil de la pauvreté. Le gouvernement annonce qu’une formation de 120 heures est maintenant suffisante pour donner des bains aux personnes en perte d’autonomie, alors que les auxiliaires familiales des CLSC bénéficient d’une formation de 975 heures.

Le gouvernement annonce que les services à domicile à la personne (bains, soins d’hygiène, etc.) devront dorénavant, sauf exceptions, être payés par les usagers. Le gouvernement annonce qu’à cause des salaires trop bas, les EESAD continueront à connaître un taux de rotation élevé du personnel, surtout dans la région de Montréal, ce qui ne facilite pas la continuité des services. Poursuivre la lecture

Chronique du grand-père – Des moments magiques

Paru dans L’AQDR Express du 1er octobre 2016.

Avec ma petite-fille Ève, qui a cinq ans, j’ai découvert un nouveau jeu et passé des moments magiques. J’en fais part à tous les parents et grands-parents que je connais. Le jeu s’appelle Bisous-dodo (3 à 6 ans) et se termine par le dodo de l’enfant : on pige des cartes et quand les trois cartes drap, oreiller et doudou sont réunies, l’enfant va au lit. Mais en fait, on peut utiliser des variantes. Les cartes sont des dessins, il n’est pas besoin de savoir lire pour jouer.

Ainsi, quand on pige une carte où l’on voit un coeur sur un coude, l’enfant (ou le parent) donne un baiser sur le coude. S’il y a un coeur sur un genou, c’est un baiser sur le genou. Et s’il y a des coeurs partout, on donne des baisers partout. Il y a aussi le baiser-papillon (du bout des cils, en clignant des yeux), le baiser esquimau (en se frottant doucement le nez), la carte pour imiter le hibou, celle pour imiter le chat, la plume pour chatouiller, la carte des notes pour chanter une chanson, etc. Bref, quand je joue à Bisous-dodo avec Ève, c’est un festin de bisous variés. Elle n’est pas avare de son affection. Quand elle tire la carte bisous partout, c’est la fiesta. Elle rit sans arrêt. Grands-parents, courez acheter votre Bisous- dodo. Ève, puisses-tu rester aussi rieuse toute ta vie !

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Billet : la démocratie participative en péril

Paru sur les sites de L’Aut’journal, de Vigile et de Presse-toi-à-gauche. Paru dans L’AQDR Express du 1er octobre 2016.

Je ne suis pas un partisan de la « politique de la chaise vide ». Je crois que lors des commissions parlementaires et consultations gouvernementales, les groupes communautaires, féministes, écologistes, les syndicats, les citoyens et citoyennes doivent faire des mémoires et des représentations. Quand quelques-unes de nos propositions sont retenues, on se dit qu’on n’a pas perdu son temps.

Mais je constate qu’avec le ministre Gaétan Barrette, les paramètres ont changé. En plus de quarante ans de militance dans le milieu communautaire, je n’ai jamais vu un ministre aussi obtus et fermé. Par exemple, lors de la commission parlementaire sur la création des super-hyper-méga-établissements, il n’a pas pris en considération 95% des mémoires présentés. Il croit qu’il a toujours raison et qu’il n’a pas besoin des avis des autres. Il a ouvertement méprisé les chercheurs qui posaient des questions de fond.

Au cours des prochains mois, le ministre Barrette fera de nouvelles consultations sur diverses politiques. Devrait-on lui présenter des mémoires ? Certains de mes amis disent : boycottons-le, ne lui présentons aucun mémoire, il sera sidéré et cela le fera réfléchir. J’en doute : le ministre dira plutôt que son projet est parfait puisque personne ne le conteste.

Dans nos groupes communautaires et dans nos syndicats, on sait tout ce que la rédaction d’un mémoire implique : recherches, remue-méninges, consultations, etc. pour arriver au consensus le plus démocratique possible au sein de l’organisme. Sur le ton de l’humour, je suggère ceci : présentons à Gaétan Barrette un copié-collé de nos précédents mémoires car il ne les a pas lus. Il n’y verra que du feu. Cela nous facilitera la tâche et nous économiserons ainsi nos énergies. Décidément, le ministre Barrette a un sérieux problème avec la démocratie participative.

Le ministre écoutant un mémoire en commission parlementaire.

Le ministre écoutant un mémoire en commission parlementaire.

 

 

Persévérer dans son être, persévérer dans sa nation

Lettre publiée dans Le Devoir du 20 juin 2016.

Capsule philosophique, parue dans La Force des sages (AQDR) le premier mai.

Quel plaisir de lire et d’approfondir le philosophe Spinoza (Amsterdam, 1632 – La Haye, 1677). Il ne faut pas hésiter à lire aussi ses commentateurs car Spinoza n’est pas toujours facile à saisir. Son concept de conatus est très riche. Le conatus, c’est l’effort de toute personne pour persévérer dans son être. Le conatus, c’est l’élément actif de notre être. C’est la source de notre volonté. Le conatus, appliqué à l’esprit et au corps, s’appelle l’appétit. Et le désir, c’est l’appétit accompagné de conscience. La pensée de Spinoza nous permet d’éclairer les concepts et de les ordonner.

Pourrait-on appliquer le concept de conatus aux nations ? Les nations doivent, elles aussi, faire un effort pour persévérer dans leur être. Surtout en cette époque de mondialisation où le discours dominant flétrit la notion de nation. Le concept de nation ne doit pas être vu comme un repli frileux sur soi mais comme une volonté riche de durer, dans une perspective de diversité, de particularisme et d’altérité. La nation, il faut en prendre conscience, y réfléchir, en raffiner le concept pour en enlever les scories et en tirer tout le suc. Il n’y a pas d’internationalisme sans nationalisme. Décidément, Spinoza a le tour de réveiller et d’aiguiser les esprits.

Constituante : les Intellectuels pour la souveraineté approfondissent la question

Paru sur les sites Vigile, L’Aut’journal et Presse-toi-à-gauche.

Le colloque annuel des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), tenu le 11 juin à Montréal, avait pour thème cette année le projet d’une assemblée constituante. Un premier panel portait sur la constituante comme mode d’accès à l’indépendance et un second sur les institutions d’un Québec indépendant. Six panelistes judicieusement choisis ont ainsi apporté une contribution substantielle à la question : André Lamoureux, Jonathan Durand Folco, Philippe Bernard, Simon-Pierre Savard-Tremblay, Danic Parenteau et Guillaume Rousseau. Voici un résumé des grandes lignes de chacune des interventions.

Premier panel : la constituante, mode d’accès à l’indépendance, animé par Jocelyne Couture, philosophe

Premier paneliste : André Lamoureux – L’appel à la constituante, avant ou après la proclamation de l’indépendance ?

M. Lamoureux est politologue, chargé de cours en sciences po. à l’UQAM. Une constituante est toujours élaborée dans un contexte de grands bouleversements. C’est le mouvement de masse qui provoque le changement, pas l’assemblée constituante. On pense à la Révolution américaine, à la France de 1789, aux Patriotes de 1838, à l’Allemagne en 1919, etc.

Doit-on travailler à adopter une nouvelle constitution pour le Québec avant ou après la déclaration d’indépendance ? La logique veut qu’on l’adopte après. Si on veut l’adopter avant, c’est opter pour le statu quo, donc le fédéralisme. Au mieux, une constitution adoptée avant l’indépendance, c’est une autonomie provinciale plus grande, le fédéralisme renouvelé. Se battre pour une constituante avant, c’est malheureusement ce que propose Québec solidaire (QS).

MM. Durand Folco, Bernard et Lamoureux.

MM. Durand Folco, Bernard et Lamoureux. Cliquez sur la photo pour l’agrandir. Photos: Joël Côté.

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