De belles rencontres inter-générationnelles

Paru sur la page Facebook d’Éducation 3e âge du collège Maisonneuve et dans La Force des sages (AQDR) de juin 2015.

A quelques reprises, j’ai eu la chance de participer à des belles rencontres inter-générationnelles organisées par Éducation 3e âge du Collège Maisonneuve. Il s’agit, pour deux aînés (une femme, un homme), d’aller bénévolement rencontrer environ 40 jeunes étudiants du cégep, dans le cadre d’un cours de psychologie, pour leur faire part durant environ trois heures, de notre parcours de vie.

Les questions sont nombreuses et franches. On commence par des sujets plus anodins : ressentez-vous des pertes physiques ? Pouvez-vous faire tout ce que vous pouviez faire lorsque vous étiez plus jeunes ? Puis on aborde des sujets plus costauds : avez-vous réalisé vos rêves ? Avez-vous exercé le métier ou la profession que vous pensiez pratiquer dans votre jeunesse ? Votre vie a-t-elle été un échec ou une réussite ? Vos valeurs ont-elles changé entre votre jeunesse et maintenant ? Tout y passe : avez-vous plus d’amis ou moins d’amis maintenant qu’auparavant ? Les voyez-vous plus souvent ou moins souvent ? Quelques sont vos rapports avec vos enfants ? Sont-ils différents de ce qu’étaient vos rapports avec vos propres parents ? Quels sont vos liens avec vos petits-enfants ? Avez-vous encore des rêves et des projets ? Croyez-vous que vous les réaliserez avant de mourir ? Avez-vous peur de la mort ?

Quels sont vos liens avec vos petits-enfants ?

Quels sont vos liens avec vos petits-enfants ?

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Faut-il résister aux politiques inacceptables du gouvernement Couillard ?

Billet paru dans La Force des sages (AQDR).

Résister aux politiques destructrices du gouvernement Couillard, est-ce utile ? De nombreuses personnes croient que non, que l’adversaire, que le système est trop fort. Il faut distinguer deux aspects, le philosophique et le politique.

Au plan philosophique, il faut résister, même si c’est inutile. Même si nos gestes semblent absurdes. Il faut résister pour pratiquer notre liberté. Le dramaturge tchécoslovaque Vaclav Havel, quand il résistait en 1977, à l’époque de la fameuse Charte 77, ne voyait pas le bout du tunnel. Il résistait quand même. Par hygiène, pour sa santé mentale, pour combattre l’absurdité. Sans espoir. Désespérément, comme le préconise le philosophe français André Comte-Sponville. Même si l’échelle semble différente entre les résistants contre l’oppression soviétique et nos résistants québécois contemporains, au plan philosophique, la question est la même. On ne parle pas ici des moyens, mais du principe de la résistance.

Au plan politique, il faut résister même si cela semble inutile. Car on ne sait jamais. On ne sait pas quand une masse critique de résistants sera atteinte. Quand l’équilibre sera rompu. Quand les changements arriveront. Il faut résister au cas où notre résistance porterait fruit. Il ne faut pas être pressés ou impatients. Au printemps, tôt ou tard, la débâcle survient. Il faut résister avec espoir.

Dans tous les cas, il faut résister à la pensée unique. Comme Thoreau, Jean Moulin, Gandhi, Mandela et tant d’autres.

P.S. Texte personnel inspiré par une série de quatre soirées sur l’histoire de la résistance, animées par le professeur Éric Dussault, Ph.D., dans le cadre des Belles soirées de l’Université de Montréal.

Jean Moulin, résistant français

Jean Moulin, résistant français

 

Hegel : l’histoire a-t-elle un sens ?

Paru sur la Page Facebook de Éducation 3e âge – Collège Maisonneuve et dans le bulletin la Force des s@ges (AQDR).

Le philosophe allemand G.W. Friedrich Hegel (1770-1831) a probablement été le premier à dire que l’histoire a un sens. Mais que voulait-il dire exactement ? Hegel est un auteur ardu, complexe, difficile à lire. Pour mieux connaître sa pensée, j’ai assisté — ou plutôt participé car les échanges entre le prof et les 19 étudiants furent riches — à un stimulant cours d’une durée totale de 7 h 30 sur Hegel donné par le professeur François-Michel Denis à Éducation 3e âge du Collège Maisonneuve. Je vais tenter, non pas de résumer le cours, mais de dire ce que j’en ai retenu, ou ce qui m’a frappé ou étonné, en intégrant dans le texte quelques compléments issus de lectures antérieures et ultérieures.

Hegel a voulu systématiser la philosophie. Il a voulu comprendre rien de moins que l’absolu. Pour lui, l’esprit est en devenir.

L’histoire marque globalement un progrès, depuis les Grecs, en passant par les Romains, Napoléon et cela, jusqu’à aujourd’hui. Mais les progrès ne vont pas sans reculs. Le retour de la violence est toujours possible. Pour Hegel, les guerres ne sont pas nécessairement négatives. Le rôle de la violence n’est pas que négatif.

« Il faut regarder avec l’oeil de la raison qui pénètre la superficie de choses et transperce lapparence bariolée des événements ».

Le penseur, de Rodin

Le penseur, de Rodin

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Quand la beauté nous sauve

Paru dans La Force des s@ges (AQDR), janvier 2015.

Quel livre magnifique, cet essai intitulé Quand la beauté nous sauve (Marabout, 2013, 218 pp.). En sous-titre : Comment un paysage ou une oeuvre d’art peuvent changer notre vie. L’auteur, Charles Pépin, philosophe et écrivain. y explique que la beauté — d’un paysage, d’une chanson, d’une oeuvre musicale, d’une peinture, etc. — nous aide à mieux nous connaître et à oser être ce que nous sommes.

Pour lui, la beauté a quatre fonctions, qu’il détaille en quatre chapitres : nous permettre d’entrevoir l’harmonie des choses, de vivre du sens, de sublimer la libido et d’accueillir le mystère.

Quelques extraits :

– Kant définit ainsi le plaisir esthétique : un « jeu libre et harmonieux des facultés humaines » (p. 27). Trois mots importants : jeu, libre, harmonieux.

– Pour ressentir un plaisir esthétique, notre jugement doit être sans concept (on ne doit pas se référer à une certaine idée du beau), sans intérêt (on ne doit avoir aucun intérêt financier ou social ou autre à apprécier ce beau) et sans finalité (on ne doit pas se demander l’intention de l’auteur) (p. 40).

– La beauté est la promesse du bonheur (Stendhal) (p. 48).

– Devant certaines toiles, on peut ressentir un déchirement intérieur. « Ce que nous aimons alors, c’est être dérangés plutôt qu’apaisés » (p. 54).

– Selon Hegel, être sensible à la beauté du Sphinx égyptien (par exemple), c’est adhérer à l’idée que toute culture aspire à s’arracher à la nature qui, pourtant, fascine cette culture (p. 65).

– La philosophie est fondée sur le dialogue, qui n’est possible que si chacun mesure ses arguments, écoute ceux de l’autre et respecte les règles du langage (p. 70).

La cathédrale-mosquée de Cordoue, en Espagne. De toute beauté. Mon coup de cœur du voyage.

La cathédrale-mosquée de Cordoue, en Espagne. De toute beauté. Mon coup de cœur du voyage.

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L’Âge citoyen, de Jean Carette

Paru dans La Force des s@ges (AQDR) du 1er décembre 2014.

C’est un essai fort intéressant qu’a pondu Jean Carette, sociologue, professeur au Département de Travail Social de l’UQAM et spécialiste en gérontologie. Depuis sa retraite, il a lancé le mouvement Espaces 50+, une initiative destinée à valoriser les talents, les forces et les expériences de vie des aînés par le biais d’activités et de projets en réseaux, d’événements, de voyages, en coopération avec d’autres groupes de citoyens de tous âges. Il est aussi, entre autres, président de la Maison des aînés Hochelaga-Maisonneuve. En fait, Jean Carette n’a jamais pris sa retraite et ne compte pas la prendre : pour lui, le travail, l’activité, le combat social, c’est la nature de l’homme et… la meilleure façon de ne pas vieillir, ou plutôt de bien vieillir.

Jean Carette

Jean Carette (Photo: Monique L’Heureux)

Son essai s’intitule L’Âge citoyen (Boréal, 2014, 238 pp.). Il y propose un changement radical de perspective concernant le vieillissement : celui-ci doit être un chemin de croissance et un défi d’innovation, tant individuel que collectif. Il y traite de démographie, du sens du travail, des politiques publiques, de la transmission des savoirs, de la démocratie, du sens de la vie, de la mort et de l’engagement. On y suit avec intérêt son cheminement professionnel, en France et au Québec. Dans sa préface, le cinéaste Fernand Dansereau écrit : « Aux personnes vieillissantes, Carette propose, comme antidote aux pertes et aux tentations dépressives, qu’elles s’oublient un peu et travaillent à rester engagées par rapport aux besoins des autres. Du moins, tant qu’elles en auront la force et même au-delà » (p. 11).

Je vous en recommande chaudement la lecture. C’est tout le contraire du discours catastrophiste qu’on lit dans les journaux qui ponctuent leurs textes de la sempiternelle phrase « A cause du vieillissement de la population, on ne peut pas… ». Ce livre donne envie de vieillir, dans la sérénité, dans l’activité, dans l’engagement et même avec passion.

Pourquoi agissons-nous comme si nous n’allions jamais mourir ?

Capsule philosophique

Paru dans La Force des s@ges (AQDR) du premier décembre 2014. Et dans le Carnet des simplicitaires (Réseau québécois pour la simplicité volontaire).

Relu récemment La Mort d’Ivan Ilitch de Tolstoï. C’est une longue nouvelle, de 137 pages, parue en 1886. Ivan Ilitch, le héros, est un conseiller à la Cour d’appel en Russie. Bel emploi, belle vie, femme, enfants, prestige, vie apparemment réussie.

Or voilà qu’il tombe gravement malade à 45 ans. Il ne comprend pas que cela lui arrive à lui. Il résiste, s’objecte. Et voilà qu’il sent qu’il va mourir. Plus on avance dans la lecture, plus on trouve le héros stupide, borné : ne sait-il pas que tout le monde doit mourir un jour ? Et soudain, on réalise qu’Yvan Ilitch, c’est chacun de nous. Ivan Ilitch, c’est moi, je suis moi aussi stupide, inconscient et borné, je vis comme si je ne savais pas que j’allais mourir. L’art du romancier est de nous faire comprendre, peu à peu, par couches successives de réflexions, que nous vivons de façon peu réfléchie.

Le héros passe par une phase de révolte, puis de désespoir puis enfin connaît une sorte de transfiguration.

Après lecture, on a envie de se dire : comment devrais-je vivre à l’avenir, pour le peu qu’il me reste ? Comment pourrais-je être plus attentif à mon entourage (conjointe, enfants, petits-enfants, amis, connaissances, voisins, la planète entière, etc.) ? Comment pourrais-je être une meilleure personne ? Comment pourrais-je vivre de façon plus consciente ? (ce qui ne veut pas dire de façon non joyeuse, bien au contraire).

Trois extraits :

— « Le fait même de la mort d’un ami éveilla comme toujours en tous ceux qui apprirent cette nouvelle, un sentiment de joie, ce n’est pas moi, c’est lui qui est mort. »

— « Imbéciles ! Je pars le premier, et ensuite ce sera leur tour. Ils y passeront tous. Mais ils se réjouissent maintenant, stupides animaux ! La rage l’étouffait. »

— « Et si vraiment ma vie, ma vie consciente ne fut pas ce qu’elle aurait dû être ? »

Bonne lecture !

dessin capsule philo

Parler de la mort ne fait pas mourir

Capsule philosophique parue dans La Force des s@ges (AQDR) du 1er octobre 2014

Depuis que, à la retraite, je suis inscrit à des cours de philosophie au Service 3e âge du Collège Maisonneuve, j’ai l’occasion de lire des textes substantiels, entre autres sur la mort, et j’en ressors, pratiquement chaque fois, plus serein devant la Faucheuse.

Alors je vous ai préparé un petit florilège de citations concernant la mort, pigées dans « Pensées sur la mort », des réflexions recueillies par un de mes philosophes préférés, André Comte-Sponville (éd. Librairie Vuibert, 2012, 63 pp.). Régalez-vous.

– « Philosopher, c’est apprendre à mourir »  (Platon).

– « A l’égard de toutes les autres choses, il est possible de se procurer la sécurité.; mais à cause de la mort, nous, les hommes, nous habitons tous une cité sans murailles » (Épicure).

Michel de Montaigne

Michel de Montaigne

– « Pourquoi trembler tellement dans les dangers et les alarmes ? Quelle est cette misérable envie de vivre qui nous y contraint avec tant de force ? La fin de la vie est là toute proche, et fixée pour les mortels; personne ne peut éviter de paraître devant la mort. D’ailleurs, nous tournons toujours dans le même cercle, sans pouvoir en sortir : la prolongation de la vie ne saurait nous forger des plaisirs nouveaux. Seulement, tant que demeure éloigné l’objet de nos désirs, il nous semble supérieur à tout le reste; est-il à nous que nous désirons autre chose, et la même soif de la vie nous tient toujours en haleine » (Lucrèce).

– « Si vous ne savez pas mourir, ne vous en souciez pas, la nature vous en informera sur-le- champ, pleinement et suffisamment; elle fera exactement cette besogne pour vous… Nous troublons la vie par le soin de la mort, et la mort par le soin de la vie »  (Montaigne).

– « Un homme libre ne pense à aucune chose moins qu’à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie » (Spinoza).

– « On aime la vie mais le néant ne laisse pas d’avoir du bon » (Voltaire).

– « Faisons comme dans un voyage en mer. En toutes choses, il faut faire ce qui dépend de soi, et du reste être ferme et tranquille. Je suis obligé de m’embarquer ; que dois-je donc faire ? Bien choisir le vaisseau, le pilote, les matelots, la saison, le jour, le vent, voilà tout ce qui dépend de moi. Dès que je suis en pleine mer, il survient une grosse tempête ; ce n’est plus là mon affaire, c’est l’affaire du pilote. Le vaisseau coule à fond, que dois-je faire ? Je fais ce qui dépend de moi, je ne criaille point, je ne me tourmente point. Je sais que tout ce qui est né doit mourir, c’est la loi générale ; il faut donc que je meure. Je ne suis pas l’éternité ; je suis un homme, une partie du tout, comme une heure est une partie du jour. Une heure vient et elle passe ; je viens et je passe aussi : la manière de passer est indifférente ; que ce soit par la fièvre ou par l’eau, tout est égal » (Épictète).

– « Je veux qu’on agisse, et qu’on allonge les offices de la vie tant qu’on peut; et que la mort me trouve plantant mes choux, mais nonchalant d’elle, et encore plus de mon jardin imparfait » (Montaigne).

La vie commence à 60 ans

Paru dans le Carnet des simplicitaires (simplicité volontaire) et dans La Force des s@ges (AQDR) le 1er octobre 2014.

Bernard Ollivier a été journaliste durant sa vie professionnelle. Retraité, veuf, à 60 ans, il fait le Chemin de Compostelle, cette marche de réflexion de 2000 à 3000 kms, à destination de St-Jacques-de-Compostelle, en Galice au nord-ouest de l’Espagne. Il se demande comment rendre sa retraite utile. Il croise des jeunes Belges, plutôt délinquants, qu’un juge a « condamnés » à marcher longuement, au lieu de faire de la prison ou des travaux communautaires. Il décide d’implanter cette formule de réinsertion sociale en France. Mais auparavant, grisé par la marche, il fait à pied la Route de la Soie, de la Turquie à la Chine, une affaire de 12 000 kms, d’où il sortira la matière de trois livres. C’est un véritable exploit. Il réalise son projet, la création de Seuil, une association sans but lucratif qui réussit à réinsérer des jeunes, accompagnés d’adultes, grâce à de longues marches bien encadrées. Pour Ollivier, la marche a de nombreuses vertus : aux plans physique, psychologique et social (les rencontres). J e vous recommande la lecture de « La vie commence à 60 ans » de Bernard Ollivier (Phébus, 2008, 215 pp.). Et vous, quel est votre projet de retraite ? (il n’a pas besoin d’être aussi gros… l’important, c’est probablement d’en avoir un…)

 

 

Du bon usage du stoïcisme

Paru dans La Force des s@ges (AQDR) le 1er septembre 2014.

Le stoïcisme est une école philosophique grecque représentée, entre autres, par Zénon (vers 341 av. J.C. – 269), Cicéron (106 av. J.C.- 43), Sénèque (4 av. J.C.- 65 après), Épictète (50 après -125), et l’empereur Marc Aurèle (121 après -180). On le définit comme la pratique d’exercices de méditation conduisant à vivre en accord avec la nature et la raison, pour atteindre la sagesse et le bonheur, envisagés comme absence de passions et de souffrance. Épictète résume la conduite stoïcienne à travers la maxime « Supporte et abstiens-toi » (Wikipédia).

Certains sont portés à penser que le stoïcisme est du masochisme : il faudrait supporter sans rechigner les malheurs de la vie. Il n’en est rien. Les stoïciens valorisent le « bon usage » de ce qui nous arrive. Il faut faire un bon usage des bonheurs qui nous arrivent mais aussi des malheurs. Ces malheurs sont porteurs de leçons, c’est ce qui peut nous arriver de mieux, si on sait composer avec leur surgissement. Les stoïciens travaillent à faire en sorte qu’il leur arrive le plus possible des choses envers lesquelles ils sont « indifférents ». Cela se traduit dans de nombreuses attitudes concrètes. Un Grec ancien marche dans un chemin plein de ronces. A quoi sert de se plaindre ? Il écarte les ronces avec un bâton et continue son chemin.

L'empereur Marc Aurèle

L’empereur Marc Aurèle

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Après une période difficile

Les 26 mai et 2 juin, j’ai été opéré d’urgence, avec succès, pour un décollement de la rétine aux deux yeux. Un décollement simultané des deux rétines, c’est peu fréquent. Ce sont des opérations délicates. Subjectivement, les premiers jours, j’ai craint le pire, la cécité. La thérapie consiste, entre autres (car ce n’est pas tout), en l’injection d’une bulle de gaz au fond de l’oeil, gaz qui s’évapore progressivement durant entre trois et quatre semaines. Pendant plus d’une douzaine de jours, j’ai vu essentiellement du brouillard, ce qui donne du temps pour la réflexion et la méditation. Comme plusieurs personnes qui ont vécu une passe difficile en santé, j’ai l’impression que je ne serai plus vraiment la même personne, que je vais travailler à repenser mes priorités dans la vie et tendre à devenir une meilleure personne, plus consciente. Je remercie l’équipe de rétinologie du CH Notre-Dame, en particulier le Dr Hammamji, d’avoir réalisé deux espèces de miracles. Je remercie ma conjointe Hélène de m’avoir aidé à traverser ce tunnel. Comme le chantait Jean Ferrat, « Tout ce que j’ai failli perdre, tout ce qui m’est redonné, aujourd’hui me monte aux lèvres, en cette fin de journée ». Et, plus loin : « Pouvoir encore partager ma jeunesse (66 ans), mes idées… »