Un colloque substantiel sur la prévention des chutes à domicile

Compte rendu paru dans La Force des sages (AQDR) du 1er novembre 2015.

Environ 140 personnes ont participé au colloque 2015 de l’AQDR, tenu à Montréal le 8 octobre, sous le thème : « Prévenir les chutes chez les aînés à domicile. Mon autonomie, j’y tiens ! ». Des conférenciers de qualité, de disciplines variées, se sont succédé pour faire saisir cette problématique de prévention dans toute sa complexité. Le colloque était animé par la journaliste Françoise Guénette.

Mme Régine Laurent, infirmière, présidente d’honneur

Résumé des propos de la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) qui, selon Mme Guénette, « tient tête aux ministres Coiteux et Barrette » :

– Si l’AQDR tient un colloque sur la prévention des chutes, c’est parce que c’est une problématique importante.

– Proverbe africain : ne pas s’occuper des personnes âgées, c’est comme brûler nos bibliothèques.

– Les jeunes, au fond, ne sont séparés que par quelques années de leur propre vieillissement.

– Pour donner des services, faire de la prévention, il faut y mettre des ressources. Ce qui se passe sur le terrain, c’est honteux. Notre ligne téléphonique, recueillant les doléances des usagers, l’a démontré.

– Quand, en CHSLD, on n’a pas le temps de changer la culotte d’incontinence avant le souper, c’est inacceptable.

– Le rôle de proche aidant est exigeant. Le gouvernement a des attentes trop élevées, irréalistes face aux aidants.

– La méthode Proaction-Toyota : 15 minutes pour une relation d’aide de premier niveau, 30 minutes pour une relation d’aide de deuxième niveau. C’est absurde. C’est quoi une relation d’aide de premier niveau ? de deuxième niveau ? L’autonomie des professionnelles à décider du temps à consacrer à la situation vécue a été réduite depuis quelques années.

Vous avez du pouvoir. Vous pouvez réclamer. Le fédéral a modifié unilatéralement les règles des transferts financiers en santé. Le Québec sera perdant. Il faut dénoncer cela.

– Le désengagement financier du gouvernement Couillard envers les aînés est à dénoncer.

– Nous vivons dans une société de gestion de la performance. Selon cette mentalité, les aînés ne sont plus utiles à la société.

– Deux pistes constructives et innovatrices mises de l’avant par la FIQ :

  1. Pour l’accessibilité aux soins mineurs, une clinique de proximité a été mise sur pied à Québec. Sans médecins sur place. 1700 consultations en un an. 5% seulement des situations ont été référées par la suite à des médecins.
  2. Pour l’hébergement des personnes âgées, créer des petites maisons d’un maximum de 15 à 20 personnes. Les résidents y prennent les décisions. Les résidents sont sur le CA de la maison. On n’y mettra pas les gens dans des cases (tant d’heures/soins par jour). Ces petites maisons s’adaptent aux besoins.

– « Plus les structures sont grosses, moins les gens sont importants ».

– Le moment venu, je veux devenir membre de l’AQDR ! Poursuivre la lecture

Le Ministre-Soleil

Billet paru dans La Force des sages (AQDR) du 1er octobre 2015.

Le Dr Barrette est ravi : les DG des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), qu’il a tous nommés personnellement, adoptent un profil bas et ne réclament pas de ressources additionnelles pour contrer les diminutions de services. On l’a constaté récemment : la direction du Centre d’hébergement Cooke, en Mauricie, ne parle que de « réorganisation des services ». C’est dans cet établissement que, récemment, deux personnes âgées gisant au sol ont été laissées à elles-mêmes de longues minutes après être tombées de leur lit.

A chaque événement pénible dans le réseau, le ministre Barrette répète son mantra : réingénierie, réingénierie, réingénierie. Les DG des CISSS, complaisamment, lui emboîtent le pas. On se croirait revenu au temps de l’autoritarisme du Roi-Soleil Louis XIV et de sa cour : le Ministre-Soleil décide de tout. Et pourtant, sur le terrain, on constate que le personnel absent n’est pas toujours remplacé, que les postes dépourvus ne sont pas comblés, que les compressions ont des effets réels, que le personnel est épuisé et rêve d’anticiper sa retraite, que le sentiment d’appartenance – pourtant essentiel – s’est envolé avec les fusions et que les usagers n’ont pas les services auxquels ils ont droit. Les manants n’ont aucun droit, le roi les a tous. Avec son modeste ego, le ministre va apprécier la comparaison.

Louis XIV

Louis XIV

L’austérité et les réformes aberrantes ne sont pas bonnes pour la santé

A paraître dans la revue La Force de l’âge (AQDR).

L’austérité, c’est bon pour tout le monde ? Non. Ce n’est pas bon pour les ministres et les députés dont les salaires seront augmentés de façon importante. Ce n’est pas bon pour les banquiers. Ce n’est pas bon pour ce qu’une de mes amies infirmières appelait joliment les « pleins ». Pleins d’argent et affichant de façon « ostentatoire », comme des parvenus, leur richesse.

Par contre, l’austérité, les aînés y ont droit. Particulièrement dans le secteur de la santé et des services sociaux. Nos partenaires de la Coalition solidarité santé, dont l’AQDR est membre, relèvent dans la presse locale et régionale et par des contacts sur le terrain un grand nombre de faits : fermetures de centres de jour affiliés à des CHSLD, coupures de services dans les plans de soins des aînés à domicile, ainsi que dans les plans de soins des personnes handicapées (ayant des limitations fonctionnelles), non remplacement du personnel affecté aux soins, etc.

1 c - barrette fusions

Poursuivre la lecture

Analyse du budget du point de vue des personnes aînées

 

par Judith Gagnon, présidente

et Jacques Fournier, responsable du dossier santé

Association québécoise pour la défense des droits des retraités

Paru dans Le Devoir du 1er avril 2015: http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/436014/un-budget-qui-trahit-les-aines

Et paru sur le site de l’Aut’journal, de Presse-toi-à-gauche et de Vigile.

L’Association québécoise pour la défense des droits des retraités (AQDR) estime que les mesures budgétaires proposées par le gouvernement (le 26 mars 2015) font fi des besoins des préretraités et des retraités.

Tout d’abord, l’AQDR considère que la croissance de 1,4% du budget de la santé est insuffisante pour rencontrer les besoins de la population et particulièrement des aînés en terme de soins de santé. Le régime sec qu’on impose à la santé va entraîner d’importantes baisses de services. On ne sait pas vraiment où les coupes vont se faire, mais on craint fortement que les aînés qui n’ont pas actuellement tous les services requis en fassent les frais.

Le gouvernement annonce 6,5 M$ pour le soutien à la formation des préposées dans les entreprises d’économie sociale en aide domestique (EESAD). Si cette amélioration de la formation est souhaitable, il ne faudrait pas qu’elle témoigne d’une volonté du gouvernement de privatiser des services actuellement offerts par les auxiliaires familiales dans les CLSC alors que celles-ci ont déjà toutes les qualifications requises. Poursuivre la lecture

L’éléphant

Billet paru dans La Force des s@ges (AQDR) de mars 2015.

« Projet de loi 10: c’est comme un gros bulldozer ! » Tel est le titre d’un article paru le 22 janvier dernier dans l’Hebdo du St-Maurice (Shawinigan). On y rapporte une démarche régionale de la Coalition solidarité santé condamnant ce projet de loi – donc toujours à l’étude — qui veut, une nouvelle fois. procéder à des fusions massives d’établissements dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Les fusions de 2003 ont entraîné, très concrètement, une croissance du nombre de cadres. Comment de nouveaux amalgames permettraient-ils, en 2015, de diminuer le nombre de cadres de 1300 postes ? Dans ce réseau, l’équilibre est fragile. Le personnel est exaspéré, épuisé, se sent déjà bousculé. Qu’est-ce qu’une nouvelle réforme de structures créant des pachydermes apporterait ? Une guerre de pouvoirs ravivée entre les cadres ? Davantage de réunions pour élaborer de nouveaux organigrammes ? L’agenda caché est-il d’inscrire des facilités législatives supplémentaires pour favoriser davantage le recours à la sous-traitance, cette graine mal contrôlable et coûteuse ?

Sans faire de jeu de mots simplet sur l’embonpoint du ministre, il faut dire les choses franchement : le projet de loi 10, c’est un éléphant dans un magasin de porcelaine.

billet - éléphant

Projet de loi 10 : la résilience ou la résistance ?

Paru dans La Force des s@ges de janvier 2015.

Dans le Devoir du 10 décembre 2014, on trouve un compte rendu d’une rencontre nationale sur l’avenir du système de santé (article réservé aux abonnés). Dans le contexte du projet de loi 10, qui force une nouvelle fois la fusion des établissements du réseau, on se demande quelle attitude adopter : la résilience (composer le mieux possible avec les changements imposés) ou le devoir de résistance ? Certains prêchent de taire nos objections et de jeter la serviette face aux changements technocratiques, autoritaires, inutiles et dangereux proposés. Ce sont souvent des personnes (cadres, etc.) qui ont intérêt à ne pas faire de vague pour poursuivre leur mobilité ascendante.

D’autres disent que, puisque le système actuel ne fonctionne pas bien, il faut du changement, n’importe quel changement, cela ne peut être pire (hélas, oui, cela peut être pire, le projet de loi 10 en est la preuve). D’autres enfin se tiennent debout : tant que le projet de loi n’est pas adopté, il faut résister. Et si, par malheur, il est finalement adopté, il faudra encore le dénoncer, le combattre. On ne nous fera pas taire. En commission parlementaire, de nombreuses suggestions positives pour améliorer le réseau ont été mises de l’avant, solutions qui ne requièrent aucune fusion. Ce n’est pas vrai que les opposants n’ont pas de solution de rechange. Le ministre Barrette n’a rien voulu entendre. Il croit qu’il est le seul à avoir raison. Nous allons nous battre contre sa réforme. Sans arrêt. Avec tout le souffle dont nous sommes capables. C’est un devoir.

Note : une intervenante me demande : comment les intervenantes du réseau peuvent-elles résister sans mettre leur tête sous la guillotine ? Une suggestion pratique : allez voir votre syndicat ! Même si tous les syndicats ne sont pas également engagés, il faut y constituer une masse critique active. Et avec un peu d’imagination et un travail collectif…

Comment mobiliser nos membres en vue des manifestations ?

Paru dans La Force des s@ges (AQDR) de janvier 2015.

Une amie me demandait : comment pourrions-nous mobiliser nos membres de l’AQDR pour qu’ils manifestent davantage contre les politiques inacceptables du gouvernement Couillard, politiques qui nuisent aux aînés-es ? C’est sûr, au départ, que les retraités ne sont pas les plus nombreux dans les manifestations. Par contre, les militants-es, ceux et celles qui ont manifesté toute leur vie, continuent à le faire après la retraite. Après tout, même bien occupés à la retraite, on a du temps davantage que nos enfants qui élèvent leurs enfants.

Selon mon expérience, il n’y a pas 56 recettes. Ce sont les sections locales – et non le national – qui sont le mieux placées, aiguillonnées, bien sûr, par le national. Ce sont les sections qui doivent contacter leurs membres, leur donner un point de rendez-vous précis et fournir un moyen de transport au besoin. Il faut un leadership local : « on y va en groupe » (une petite bannière rassembleuse avec ça ?).

Photo: André Querry. Manif du 29 novembre 2014.

Photo: André Querry. Manif du 29 novembre 2014.

Pour moi, quand je vais à une manif, c’est aussi, en plus de la Cause, pour voir des amis. Si la section crée un climat de complicité et d’entraide, les membres viendront pour sortir et s’encourager entre eux.

Alors, si votre état de santé le permet, ne vous contentez pas d’une sympathique signature au bas d’une pétition et allez prendre l’air en manifestant entre amis ! Avez-vous d’autres suggestions pour mobiliser nos membres et nos sections locales ? Elles sont bienvenues !

P.S. Le journal La Presse dira que nous n’étions que quelques centaines de manifestants-es mais vous aurez vu de vos propres yeux que nous étions plusieurs dizaines de milliers… et vous le direz à vos amis, en plus de l’écrire dans les médias sociaux.

Voir le site satirique La Pravda (un texte ironique).

IMG_8395

IMG_8396

 

 

Visite au bureau de Marguerite Blais

Paru dans La Force des sages (AQDR) du 9 janvier 2014.

Une délégation de la Coalition solidarité santé s’est rendue au bureau de la députée de St-Henri-Ste-Anne, Marguerite Blais, le 27 novembre, pour lui demander que le gouvernement retire le projet de loi 10 du ministre Barrette, sur les méga-fusions, qui ferait plus de tort que de bien. La délégation a été reçue par son attachée politique, Isabelle Gautrin. La délégation était composée de Karine Triollet, d’Action-Gardien, de Catherine Raymond, de Solidarité St-Henri, de Pierre Soucy du CPAS-SCFP et de Jacques Fournier, de l’AQDR. Des délégations semblables de la Coalition solidarité santé rencontrent actuellement des députés libéraux à la grandeur du Québec pour faire valoir que la réforme Barrette créerait plus de problèmes qu’elle prétend en régler.

P.S. J’ai demandé à l’attachée de dire ceci à Mme Blais: « Le ministre de l’Agriculture Pierre Paradis conteste le rapport Robillard qui veut couper les plans de stabilisation des revenus agricoles. Mme Blais devrait faire une Pierre Paradis d’elle et contester le projet de loi 10 ».

2e P.S. Mme Blais vient de faire savoir son opposition au redécoupage des territoires des commissions scolaires à Montréal, redécoupage préconisé par le ministre Bolduc. Encore un effort pour être vraiment révolutionnaire, Mme Blais !

Jacques, Karine et Pierre.

Jacques, Karine et Pierre.

Catherine, Karine et Pierre.

Catherine, Karine et Pierre.

La Coalition solidarité santé à la Commission parlementaire

Le 12 novembre 2014, la Coalition solidarité santé, dont l’AQDR est membre, a présenté son mémoire à la Commission parlementaire concernant le projet de loi 10 (méga-fusions). Quatre personnes représentaient la Coalition : Jacques Benoit, coordonnateur, Josée Marcotte, v.p. FSSS-CSN, Denis Falardeau, ACEF de Québec et Jacques Fournier pour l’AQDR. La vidéo dure 45 minutes.

Conclusion : c’est court pour tout ce que nous avions à dire !

Texte du mémoire de 44 pages.

Point de presse tenu par Françoise David, députée de Gouin.

Sur le site de la Coalition, les mémoires sont résumés.

loi 10 dessin Poursuivre la lecture

Fusions forcées : de nouveaux traumatismes en vue ?

Paru dans La Force des s@ges (AQDR) du 1er décembre 2014.

L’évaluation de la pertinence des fusions forcées, dans le réseau de la santé et des services sociaux, à l’été 2004, varie selon les points de vue et les postes occupés. Un cadre disait : « Les fusions ont été une bonne chose : la preuve, personne ne voudrait revenir en arrière ». Évidemment ! De nombreux employés ont été traumatisés par cette bousculade. Leurs tâches ont été cavalièrement modifiées, de façon autoritaire. Des équipes, patiemment constituées par des années de complicité professionnelle, ont été détruites à coups de nouveaux organigrammes. Des cadres se sont livrés à des luttes de pouvoir. On a vu des intervenantes pleurer et même démissionner. Comment peut-on dénier la détresse et refuser de voir la douleur qu’ont vécue de nombreuses intervenantes ? Dans ces conditions, qui voudrait revenir en arrière et connaître de nouvelles meurtrissures ?

Et que nous propose la réforme Barrette ? D’aller de l’avant avec des nouveaux organigrammes, des nouvelles luttes de pouvoir et des nouveaux traumatismes.

dessin pour fusions Judith-Jacques Poursuivre la lecture